Terre Maroc

Voyage au Maroc

26 août 2005

Meknès ou le temps immobile

      

maroc726L'ancienne capitale du Maroc offre aux regards ses palais et son paysage alentour, unique.

      

Gilles Pudlowski - Le Point    maroc720

La ville est comme un miroir où se regarde le voyageur. Temps immobile, figé entre les maisons blanches et les minarets : depuis les baies vitrées du restaurant de l'hôtel Transatlantique, Meknès est d'une blancheur trompeuse.

Les couleurs vous happent dans la médina. Les boutiques d'artisans soigneux, les vendeurs de kilims, les potiers qui cismaroc721èlent les fils d'argent dans l'argile : tout cela fascine. Mais il y a surtout le gigantisme de la ville, ses 25 kilomètres de remparts, ses portes magiques telle Bab el-Mansour (reconstituée place de la Concorde à Paris, elle y représenta l'image même du Maroc il y a deux ans), la grande mosquée et la Médersa Bou Inania.

Derrière la grandeur de Meknès, ville impériale, il y a un empereur de renom, qui défia le Roi-Soleil, construisit son Versailles marocain, à coups de palais, de remparts, d'écuries pouvant abriter 12 000 chevaux, silos à blé, que l'on amaroc722dmire aujourd'hui comme des prouesses. Le Dar el-Ma, littéralement « palais de l'eau », avec ses immenses silos voûtés de forme mauresque qui procurent umaroc723ne fraîcheur bienvenue, est l'un des grands moments de la visite de cette cité qui fut la capitale du Maroc sous la houlette de Moulay Ismaël, le souverain bâtisseur.

« La porte ouverte... »

Les remparts ajourés d'étroites fissures où s'immiscent les oiseaux, le mausolée du souverain avec ses cours successives, le Dar Jamaï, palais de son grand vizir, devenu musée des Arts marocains, en cours de rénovation pour permettre au voyageur de mieux admirer le riche tour de main des artisans locaux, les portes grandioses, finement ciselées, non seulement Bab el- Mansour maroc724déjà nommée, mais Bab Jemaa en Nouar, sa petite voisine, Bab el-Berrima, qui commande l'entrée au souk, et encore Bab el-Berdaïne, puis Bab el-Khemis, près du mellah, où Moulay Ismaël fit graver « Je suis la porte ouverte à tous les peuples, qu'ils soient d'Orient ou d'Occident » : voilà qui explique la richesse de cette ville que les grands circuits du Marocmaroc725 ont tendance à délaisser.

Bien sûr, il y a, aux abords, Moulay Idriss, son site perché, sa blancheur contrastant avec l'immensité ocre des derniers contreforts du Rif, le mausolée du premier souverain du Maroc, la mosquée demaroc727 Sidi Abd Allah el-Hajjam, que l'on contemple après une longue montée dans les venelles pentues de la vieille ville. Chaque année, à la fin août, un immense pèlerinage, le « moussem », attire les visiteurs qui rendent hommage à celui que l'on considère comme le fondateur du pays.

Lenteur et torpeur

A 5 kilomètres de Moulay Idriss, 27 de Meknès, c'est Volubilis : le plus beau site antique du Maroc. Cette ville romaine aux ruines très suggestives, avec ses maisons dites aux Travaux d'Hercule, à l'Ephèbe, du Cortège de Vénus, de Dionysos maroc728et des Quatre Saisons ou d'Orphée, son capitole, son arc de triomphe et son forum, proclame la richesse ancienne du lieu. Il y a aussi le pressoir si joliment reconstitué, qui rappelle que la région de Meknmaroc729ès est le pays privilégié de l'olivier, mais aussi de la vigne, dont les ksars, les guerrouanes, les médaillons ou encore les méconnus beauvallons disent aussi les récents progrès.

Temple de grandeur et de bien vivre, ce pays-là affirme aussi son goût pour la lenteur. Certes, une autoroute récente, reliant Rabat à Fès, a mis Meknès à une demi-heure d'un aéroport international qui lui a longtemps fait défaut. Mais cette belle nostalgique a-t-elle envie de sortir de la douce torpeur qui fait partie de son charme défiant les modes ?

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25 août 2005

Meknès, entre enchantement et fascination

                                                                                                                                               

maroc692La cité impériale présente beaucoup d'attraits grâce à ses multiples sites

Capitale d'une province riche, pleine de promesses et offrant une variété de paysages, de productions et de populations, Meknès est une véritable fresque pittoresqmaroc693ue et chamarrée qui présente beaucoup d'attraits grâce à ses multiples sites et au charme de ses environs: Zerhoun, Azrou, Ifrane, Aïn Leuh, Volubilis, Michlifen, etc

maroc694Célèbre cité impériale qui fut en 1672 la capitale de l'empire de Moulay Ismaïl, Meknès a eu une renommée importante en Orient et en Europe notamment à la cours de Louis XIV.

A cette époque, la cité qui avait connu son apogée, mobilisa des milliers d'architectes, d'ingénieurs, d'artistes. Tant et si bien qu'aujourd'humaroc695i, au soleil couchant, la cité s'enflamme, réverbérant à l'infini l'ocre jaune de ses remparts, tout en offrant toute sa noblesse dans un panorama inaltéré.Pôle d'intérêt, les édifices qmaroc696ui furent construits valent le détour. Place focal de la Médina, la Place El Hédim qui s'étend sur 200 mètres de long sur 100 mètres de large. Ancien lieu de marché, elle se transformait selon les circonstances en place d'animation populaire, de parade ou de grande manifestation.

Cette place est également renommée pour ses maroc697portes, dont la plus belle et la plus majestueuse est Bab El Mansour El Alej. Datant du règne de Moulay Ismaïl et achevée par son fils, Moulay Abdallah, en 1732, Bab El Mansour, située côté sud-oumaroc698est, se détache entre deux bastions dont les arches sont supportées par des colonnes en marbre.

A droite de cette porte principale, se dresse, tout aussi harmonieuse, mais aux dimensions plus modestes, Bab Jamaâ en Nouar.
A proximité de Bab Zine El Abidine, aujourd'hui disparue, un marché couvert, qui date de 1938, borde le côté ouest de la place : la mosquée Simaroc699di Saïd, le Mausolée Moulay Ismaïl, le palais Dar Makhzen, Bab Lakhémis, Bab El Berdaïne … Meknès fascine par ses monuments, par la somptuosité de ses palais. Celui du Jamaï, ancienmaroc700ne demeure d'un vizir, abrite le musée des Arts Marocains et ses fastueuses collections de faïences, broderies, tapis, boiseries, bijoux... Les décors de zelliges, de plâtres sculptés et de bois peint, tout autant que le jardin andalou planté de cyprès et d'arbres fruitiers, donnent une belle idée du luxe que pouvait atteindre une maison de la haute bourgeoisie de la ville.

maroc701Ferronnerie, sculpture sur bois, tissage, maroquinerie, dinanderie, orfèvrerie... ce musée est consacré à l'artisanat de la région. L'édifice est tout simplement très beau. maroc702

Empreinte de foi et de ferveur religieuse, Meknès est une cité, où le sacré se manifeste à travers le grand nombre de mosquées et de zaouïas que compte la ville. Parmi elles, les plus belles et les plus célèbres sont les mosquées Lalla Aouda, Er Rouah, Zitomaroc703una, Sidi Kaddour El Alami. Ceinte de hautes murailles percées de portes monumentales qui montrent aujourd'hui l'alliance harmonieuse des styles islamique et européen dans le Maghreb du XVIIe sièclemaroc704, Meknès est également riche par ses environs. Le visiteur revient toujours avec une sensation de rêve, une impression d'avoir enfourché la fameuse machine à explorer le temps. Mais il restera toujours aussi ébloui par la dextérité des orfèvres, l'habileté des marchands, la précision des sculpteurs de bois et le tintamarre sympathique des souks.

maroc705Le paysage des alentours de la ville est à sa hauteur dont le célèbre bassin de l'Agdal. L'opulence de cette cité est encore attestée tant par les nombreuses villas ornées de mosaïques conservées in situ, que par les vestiges des édifices publics. La ville fait rêver par sa campagne, vmaroc706erte et apaisante, mollement vallonnée, plantée d'oliviers. La région de Meknès comprend aussi des sites chargés d'histoire et qu'il est nécessaire de visiter. Particulièrement, Volubilis qui est le fleuron et le témoin de l'architecmaroc707ture antique au Maroc. Les Romains y ont construit des monuments luxueux. A proximité de Volubilis et à une trentaine de kilomètres de Meknès, voici Moulay Idriss.

C'est l'un des hauts lieux de l'histoire du Maroc. La petite ville sainte abritant le sanctuaire du fondateur de la dynastie des Idrissides connaît chaque année en août-septembre un pèlerinage, un grand rassemblement des nombreuses tribus de la rmaroc709égion venues fêter, dignement, et dans le recueillement, le moussem du saint de la ville.

maroc710L'artisanat est dignement représenté en ville et dans les centres urbains de la province. Il comporte toutes les branches: textiles (tapis du Moyen Atlas) cuir, bois, fer, poteries, vanneries, etc. Les Meknassis se distinguent dans la peinture du bois: coffres, panneaux, moucharabiehs, dans la farandole de couleurs des céramiques, dans la polychromie audacieuse des broderies.maroc711

Le tourisme commence à se développer. La beauté et la diversité des paysages ainsi que la clémence du climat (tempéré sain et sec avec des nuances selon l'altitude) et le riche patrimoine historique et artistique qui évoque le faste et la grandeur, à travers tant de siècles, maroc712de cette ville attrayante, attirent de plus en plus les touristes. Une infrastructure importante a été aménagée pour faciliter le séjour des nombreux visiteurs à la recherche de dépaysement. La ville connaît acmaroc713tuellement une nouvelle phase d'expansion.

De nouveaux quartiers se sont développés: quartiers résidentiels (petits immeubles et villas surtout en ville nouvelle), extension de la ville ancienne, quartier industriel autour de la gare et sur la route de Fès (indusmaroc714tries agroalimentaires, industries textiles, industries chimiques, industries du bois, quartier universitaire avec plusieurs disciplines notamment agricoles (Ecole nationale d'agriculture et Ecole d'horticulture), complexes touristiques et sportifs, etc. Meknès renaît de ses cendres et de la manière la plus irréversible qui soit.
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Il était une fois l'esplanade du docteur Giguet
Située en plein centre de la ville nouvelle, l'esplanade du docteur Giguet qui respirait dans un autre temps le calme, la beauté et la quiétude, n'est plus ce havre luxuriant d'antan. A une époque, dans ce jardin régnait une parfaite harmonie. Au printemps, une multitude de vamaroc716riétés de fleurs embaumaient l'atmosphère.

Cette aire, jadis verdoyante et agrémentée de majestueux palmiers est laissée pour compte. Pourtant, les atouts et autres atours ne manquent pas. A commencer par sa proximité de maroc717champs tout aussi chatoyants avec leur végétation foisonnante ou encore de l'ex «Ecole Notre Dame»; un établissement qui, autrefois dirigé par les « sœurs » faisait la fierté de la ville. Aujourd'hui, maroc718hélas, cet ouvrage n'est plus que l'ombre de lui-même. Désaffecté de surcroît.

Entourée également par des habitations qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ces chalets d'Azrou ou d'Ifrane, en l'occurrence, cet espace de tranquillité propice à la contemplation, et où trônait la statut du docteur Giguet de la polyclinique Cornette-de-Saint-Cyr, est même tombé en désuétude. Il ne reste plus que les stigmates de ses allées souples et ses pelouses délabrées. Ce n'est plus ce lieu tant envoûtant de promenade et de découverte.

Abdelali Boukhalef | LE MATIN

Posté par Actua à 18:32 - Meknes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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