12 octobre 2005
Découverte d'un campement Atérien qui date de plus de 50 000 ans avant JC
Un groupe de chercheurs de l'Institut des Sciences de l'Archéologie et
du patrimoine (INSAP) du ministère de la Culture, vient de mettre au
jour un important campement atérien qui daterait de plus de 50 000 ans
environ au sud de la station d'hiver de Michlifen dans la région
d'Azrou.
Cette nouvelle découverte, qui s'inscrit dans le
cadre d'un programme de recherche intitulé "milieux et cultures
matérielles pré et pro historiques durant le pléistocène et l'Holocène
au moyen Atlas", a fourni un outillage préhistorique composé de
pointes, de racloirs, de grattoirs, indique le ministère de la Culture
dans un communiqué parvenu à la MAP.
Les mêmes recherches ont,
également, permis de localiser des structures d'habitat préhistoriques
dans la grotte d'ifri Ouberid située dans la commune d'Aïn Elleuh à 30
km environ au sud de la ville d'Azrou.
Les dites structures,
qui dateraient d'après l'étude préliminaire du matériel archéologique
des civilisations néolithique et campaniforme (entre 6000 et 3000 ans
avant notre ère), se composent d'ateliers de fabrication d'outils en
silex et en calcédoine et de structures de combustion qui conservaient
encore les ossements d'animaux sauvages (mouflon à manchettes, b uf
sauvage, gazelles, sanglier, chacal ) chassés par l'homme de l'époque.
La
présence dans les structures précitées de la céramique et de matériel
de broyage témoignent d'une éventuelle pratique de l'agriculture et
d'un savoir culinaire ancestral bien développé.
Une activité
artistique est, aussi, attestée par la découverte d'un certain nombre
d'objets de parure fabriqués à partir de coquilles de mollusques marins
et d'ossements d'animaux.
04 octobre 2005
Des espèces rares au Lac Afennourir
Situé sur un plateau du Moyen Atlas
tabulaire à 20 kilomètres, à vol d'oiseau, au sud de la ville d'Azrou,
sur la route tertiaire du circuit des cèdres reliant le village d'Aïn
Leuh à la Route impériale reliant Méknès à Tafilalet (RN 20), le site
du Lac Afennourir qui appartient à la Commune rurale de Aïn Leuh
relevant de la province d'Ifrane est d'une superficie de 800 ha, au
beau milieu d'une cédraie à une altitude de 1790-1800 m.
Ce
très beau site de montagne inscrit comme site Ramsar sur la Liste des
zones humides d'importance internationale le 20 juin 1990, composé d'un
lac naturel peu profond, de près de 400 ha, d'une pelouse humide qui
l'entoure et d'un ruisseau situé au déversoir du lac est d'une très
grande valeur écologique du fait que ce lac de montagne particulier
(faible profondeur et grande étendue) enregistre la présence régulière
d'une importante population nicheuse et hivernante du Tadorne casarca
Tadorna ferruginea considérée comme étant une espèce rare et constitue
aussi, un lieu de prédilection pour une importante population nicheuse
et hivernante de Foulque à crête (Fulica cristata) d'où la raison
initiale de son inscription sur la liste des zones humides d'importance
internationale.
Le Tadorne casarca hiverne régulièrement dans le
site avec une moyenne de 225 individus, soit près de 8 % de l'effectif
de la population hivernante régionale. En saison de sa reproduction,
cet effectif varie entre 100 et 400 individus, avec 5-10 couples
nicheurs.
Quant à la Foulque à crête Fulica cristata, elle
montre pendant les hivers humides des contingents de 240-600 individus,
le seuil 1% ayant été dépassé au moins deux fois, alors que cet
effectif peut dépasser les 1000 individus en période de reproduction.
Malgré la rétention de l'eau par une digue artificielle basse,
l'hydrologie du lac reste dépendante des précipitations et de la fente
des neiges en particulier, puisqu'il s'assèche souvent après des hivers
secs. Le site est surtout considéré comme type de lac de montagne sans
équivalent dans la région nord-africaine, d'origine karstique, de
profondeur faible et homogène, situé dans une cuvette remplie de
basalte quaternaire ; il est envahi de végétation immergée et entouré
par une pelouse verte de montagne.
Le site est dominé par des
eaux lacustres peu profondes peuplées par un lit de végétation
immergée, parmi laquelle peuvent être observés des îlots plus ou moins
larges de végétation émergente (Scirpaie) ; la pelouse, où pâturent des
tadornes et un grand troupeau de moutons, entoure presque la totalité
du lac, mais elle est développée surtout du côté Sud-Ouest. Le site du
Lac Afennourir est caractérisé par la présence d'au moins trois espèces
rares ou à distribution localisée au Maroc : Persicaria lapathifolia
(Polygonaceae), Damasonium alisma (Alismataceae), Juncus inflexus
(Juncaceae).
Deux espèces d'oiseaux vulnérables se reproduisent
dans le site (Tadorne casarca Tadorna ferruginea et Foulque à crête
Fulica cristata). Ce site constitue la meilleure zone humide
moyen-atlasique pour l'hivernage des oiseaux d'eau : 26 espèces y ont
été notées et l'effectif maximum absolu enregistré jusqu'à l'année 2000
est de 6321 oiseaux, essentiellement des Ansériformes, avec des pics de
2000 canards siffleurs Anas penelope, 1450 fuligules milouins Aythya
ferina, 450 tadornes casarca Tadorna ferruginea et 300 canards chipeau
Anas strepera. La Foulque à crête Fulica cristata y est régulièrement
présente, avec généralement peu d'individus mais un maximum de 365
hivernants a été compté en 1999. Le Grèbe à cou noir Podiceps
nigricollis est parfois abondant (240 hivernants en 1997).
Ce
lac joue un rôle fondamental dans le parcours des ovins (on compte plus
de 1000 têtes), à la fois via sa pelouse et en tant que source d'eau
d'abreuvement.
L'ensemble des terrains entourant le lac
constituent une zone de parcours naturelle, traversée par une piste
d'accès au lac, longue d'environ 1,8 km ; mais quelques baraques ont
été construites récemment à proximité du lac par des transhumants
sédentarisés ces dernière années de sécheresse qui a sévi dans la
région.
Les facteurs (passés, présents ou potentiels)
défavorables affectant les caractéristiques écologiques du site,
notamment les changements dans l'utilisation des sols (y compris l'eau)
et les projets de développement se résument ainsi.
Dans le
site Ramsar, il n'y a pas d'activité notable, mais vu la faible
profondeur du lac, l'abondance du brochet, poisson prédateur devrait en
principe gêner la nidification de plusieurs espèces d'oiseaux.
Dans
la région voisine, la pression de pâturage permanente sur la pelouse
qui est très forte en été (plus de 1000 moutons), l'usage du lac pour
l'abreuvement du cheptel, les Puits creusés à proximité du lac bien
qu'ils contribuent à réduire le dérangement des oiseaux, puisent
directement l'eau de la nappe, déjà peu profonde et enfin, le tourisme
: visiteurs encore rares, mais en croissance vu les facilités d'accès.
Mesures de conservation en vigueur :
- Site Ramsar classé depuis 1980 et enregistré sur la liste des zones humides d'importance internationale en juin 1990;
- Site d'intérêt biologique et écologique ;
- Zone d'Importance pour la Conservation des Oiseaux ;
- Site englobé dans le Parc Naturel d'Ifrane ;
-
Interdiction de la pêche, de la chasse et du campement, avec création
récente d'un poste de gardiennage à proximité du lac encore non utilisé
de nos jours.
• Mesures de conservation proposées mais pas encore appliquées
Mise
en défens "tournante" d'une partie de la pelouse, dans le but de
réduire l'impact (dérangement) du cheptel et des bergers sur les
oiseaux en reproduction.
• Recherche scientifique en cours et équipements
Monographie
environnementale du lac dans le cadre d'une étude écologique et
d'évaluation des lacs du Moyen Atlas. Cette étude est réalisée dans le
cadre de la préparation d'une thèse de doctorat d'Etat par l'un des
auteurs de la fiche (LC). Suivi International des populations
hivernantes d'Oiseaux d'eau, coordonné par l'Institut Scientifique de
Rabat.
Mohamed Drihem | LE MATIN
04 septembre 2005
Le gîte chez l'habitant, un créneau à moderniser
Ville touristique par
excellence, la ville d'Ifrane ne possède cependant pas une
infrastructure d'hébergement touristique suffisante et matériellement
accessible à la clientèle estivale nationale dont on évalue le nombre à
près de 100 .000 personnes par saison selon une récente étude d'impact
réalisée dans la localité.
Une telle situation a fait que le
logement chez l'habitant a connu un grand essor et s'est avéré être le
moyen le plus économique et le plus populaire pour jouir pendant
quelques semaines de la beauté d'Ifrane et de son climat bienfaisant.
En effet, selon les dernières statistiques officielles, le nombre total
des établissements d'hébergement touristique au niveau de toute la
province est de 13 établissements classés, totalisant 1079 lits dont
seulement 4 hôtels et une résidence dans la ville d'Ifrane avec une
capacité d'accueil globale de moins de 500 lits.
Les arrivées
touristiques dans les onze unités hôtelières de toute la province en
2004 sont de 37641 arrivées et le nombre des nuitées réalisées a été de
96467 nuitées.
En comparaison avec la réalité estivale rien que
de la ville d'Ifrane, les chiffres officiels concernant cette dernière
ne représenteraient au fait que 20 à 25 % des chiffres effectivement
réalisés par le secteur touristique dans la cité, vu que les
statistiques officielles en question n'ont jamais pris en ligne de
compte les nombres réels des arrivées et des nuitées enregistrées
chaque saison d'été au niveau de cet autre mode d'hébergement
touristique qu'est le “ gîte chez l'habitant ” et avec des moyennes de
séjour qui dépassent de loin la semaine qu'on essaie consciemment ou
inconsciemment de combattre au lieu de songer à son encouragement , sa
modernisation et à sa réorganisation conformément à ce qui se fait
partout ailleurs à travers les grandes destinations touristiques à
travers le monde de nos jours au lieu de le combattre abusivement et
par tous les moyens en le considérant tantôt comme “hébergement
touristique clandestin” tantôt comme concurrent déloyal avec les VVT
pour les unités hôtelières classées ou par des “résidences clandestines
”, etc.
Succès incontestable
Aux uns et aux
autres et à tous ceux qui jugent en mal la formule, nous disons que le
fait de louer un logement pour les vacances est une pratique qui
rencontre un grand succès incontestable non seulement chez nous à
Ifrane ou partout ailleurs dans nos villes touristiques, mais aussi en
Europe dans les grandes destinations touristiques telles la France par
exemple où 16% des Français choisissent cette formule contre 19% qui
optent pour les campings. Toutefois, derrière ce succès grandissant
du gîte chez l'habitant, de grandes difficultés doivent être soulignées
: Ce n'est pas la même chose, assurément, de louer une villa avec
jardin en plein centre ville, ou une petite chambre chez l'habitant au
fond du quartier populaire Atlas.
De plus, dans ce domaine, le
rapport qualité/prix et les avantages que l'on est en droit d'attendre
de ce type d'hébergement peuvent aussi bien donner lieu à une réelle
satisfaction qu'à une grande déception.
Pour bien louer donc, il est nécessaire de connaître un certain nombre de principes afin d'éviter les déconvenues éventuelles. Les
démarches varient Dans chacun des cas, les principes sont les mêmes,
mais les démarches à suivre peuvent varier, selon qu'on s'adresse à un
particulier, à une agence immobilière ou à un syndicat d'initiative et
de tourisme ou un office du tourisme.
La voie la plus simple
pour le propriétaire qui cherche à mettre en location son logement ou
une partie de celui-ci et qu'il faut encourager chez nous surtout à
Ifrane , c'est de publier son offre dans la rubrique des petites
annonces des journaux. Les agences immobilières publient elles aussi
des petites annonces. De même, et pour plus de sécurité et d'assurance
pour les uns et les autres, ces propriétaires doivent se déclarer
auprès de la municipalité, de la délégation du tourisme et auprès de
l'ESSI qui doit revoir le jour à Ifrane, et où une liste doit être
ouverte à cet effet pour une meilleure réorganisation du secteur.
Pour
sa part, le candidat à la location peut soit consulter ces petites
annonces des journaux soit s'adresser à la municipalité - service
économique et social par exemple - ou à la délégation du Tourisme ou
encore au Syndicat d'initiative et de tourisme - qui doit refaire
surface dans cette localité pour jouer ce grand rôle qui est le
sien-qui lui communiqueront les listes de locations meublées dans la
ville. Dans le domaine de la location saisonnière, le touriste peut
trouver de tout, de la plus modeste chambre avec WC au fond du couloir
jusqu'à la villa spacieuse et confortable dans un parc de verdure. Cela
dépendra du prix qu'il y mettra.
A titre d'exemple, les prix de
location à Ifrane selon le logement et le quartier où ils se trouvent
varient entre 60 et 70 DH la nuitée et 500 à 1000 DH la nuitée. Mais
même pour un prix identique et une appellation similaire, le touriste
peut trouver un deux- pièces spacieux et clair, avec le confort
nécessaire comme il peut trouver une cuisine et un garage grossièrement
aménagé en chambre chez un particulier qui, de son côté, occupera
peut-être le reste de son logement avec sa famille. Ce risque, qui est
réel lorsque l'on a affaire à un particulier souvent oralement, est
plus limité si l'on s'adresse à des organismes spécialisés qui, eux,
sont tenus à des normes de qualité.
Ces locations, une fois
répertoriées et recensées, doivent être classées en fonction de leur
confort en trois catégories: normale, confortable ou luxe, et ce par
une commission communale ou provinciale de l'action touristique et de
contrôle. C'est là un premier pas essentiel vers la réorganisation du
gîte chez l'habitant à Ifrane et vers la maîtrise du rapport
qualité/prix que chacun aura intérêt à respecter le propriétaire, ainsi
que l'intermédiaire officiel et l'autorité locale et communale et un
pas qui garantit contre les mauvaises surprises combien si nombreuses
hélas de nos jours partout dans nos villes touristiques.
Ce
sont là donc des pas essentiels qui préserveront à coup sûr l'image de
marque touristique de la ville d'Ifrane et de sa province tout en
préservant son enfance et sa jeunesse de ces délinquances enfantine et
juvénile qui sévissent dans cette localité qui - si rien n'est fait
pour arrêter l'hémorragie - risqueraint de perdre son cachet de ville
touristique propre, calme, sécurisée et sereine.
Un
propriétaire peut toujours mettre en location tout ou partie de son
logement pendant une saison. Il fixe librement son tarif de location, à
la semaine, au mois ou même à la nuitée .Qu'il soit loueur
professionnel ou non (un loueur professionnel est un propriétaire qui
loue au moins deux logements meublés pendant la saison des vacances) il
doit déclarer les sommes perçues, qui sont assujetties à l'impôt, à la
TVA et à la Taxe professionnelle.
Cependant, l'impôt comme la
taxe professionnelle peuvent faire objet d'exonération vu le rôle
socio-économique et touristique que joue ce secteur de location aussi
bien dans la vie des gens de la ville qui sont issus généralement des
couches sociales pauvres et moyennes les moins aisées, que dans le
développement du tourisme social national dans la ville d'Ifrane et
toute sa province.
Les gîtes ruraux
Une autre
formule de logement touristique meublé à développer et à encourager
surtout dans les localités rurales riveraines et très proches de la
ville d'Ifrane , telle que les zaouias de Sidi Abdeslam à 7 km d'Ifrane
et celle de Bensmim à moins de 12 km d'Ifrane : ce sont les “ gîtes
ruraux ”. Il s'agit là d'une formule de logements meublés situés dans
des communes rurales qui connaîssent un succès grandissant en France et
qui peuvent contribuer au développement du tourisme dans l'arrière-pays
d'Ifrane et de toute sa province.
On compte en France par
exemple plus de 25.000 gîtes ruraux, classés en trois catégories ( de 1
à 3 épis) selon leur degré de confort. Les aménagements dans les gîtes
y sont réalisés selon les normes ” gîtes de France ”, ce qui est une
garantie pour les locataires, la Fédération des gîtes ruraux de France
publie des brochures par département qui répertorient tous les gîtes
avec photos, cartes, descriptifs, etc. Devant le succès de cette
formule, des villages entiers de gîtes ruraux se sont créés et
proposent des activités de loisirs à la carte pour des prix très
raisonnables.
Une autre formule de location en vogue qui se
développe de nos jours dans les grandes villes touristiques telle que
celle d'Agadir et qui semble avoir échoué pour des raisons qu'on ignore
au niveau d'Ifrane : il s'agit de celle des appartements très
fonctionnels, conçus pour accueillir un maximum de vacanciers dans un
minimum d'espace aménagé un peu comme une cabine de bateau. Ces
appartements se situent dans des résidences au bord de la mer ou à la
campagne. La location s'effectue par forfait, à la semaine. Elle
comprend le nettoyage du logement, les dépannages nécessaires, et les
services d'une réception centrale. D'autres services de loisirs,
sportifs essentiellement, sont proposés à la carte moyennant
suppléments.
Echanger un logement
Enfin, il est à
relever qu'il existe aussi un autre mode de logement touristique qui
échappe à notre culture en matière touristique et auquel on doit songer
pour profiter pleinement de nos vacances et aux moindres dépenses, et
ce en songeant tout simplement à échanger un appartement à Rabat contre
un appartement à Fès ou Meknès ou une maison à la mer à Mohammedia
contre une maison à la montagne à Ifrane par exemple.
Cette
possibilité permettra des vacances intéressantes à un coût de séjour
presque nul. En Europe, cette formule est proposée par l'intermédiaire
d'organismes spécialisés qui mettent en relation les personnes
intéressées soit directement soit par catalogues, moyennant une
commission. |
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| Mohamed Drihem | LE MATIN |
30 août 2005
Azrou : émeraude dans un écrin vert
Située sur le versant ouest
du Moyen Atlas à une altitude d'environ 1.250 m, la ville d'Azrou s'y
trouve être l'une des plus importantes agglomérations de la province
d'Ifrane. Le périmètre urbain de cette localité, qui est aussi un
centre commercial important au carrefour incontournable des deux routes
impériales reliant Casablanca au Tafilalet par la nationale 13 d'une
part et Oujda à Marrakech l'aut re nationale 8, s'étale sur une
superficie de quelque 873 ha. Limitée au nord par la ville d'Ifrane
et encerclée par les deux communes rurales respectives de Bensmim et
Tigrigra, la ville d'Azrou, est le chef-lieu du cercle d'Azrou
regroupant six communes rurales .
Selon les projections
démographiques à l'horizon 2010, cette population peut atteindre les
quelque 56 335 âmes ce qui fait que cette localité demeurera pour
longtemps encore une ville moyenne sans accéder au stade de ville pôle
d'attraction régional qui offre des possibilités stables en matière
d'emploi, d'habitat et de scolarité. Elle joue à cet égard le rôle de
zone tampon entre la grande ville et la campagne en constituant ainsi
un moyen d'intégration urbain très relatif pour les ruraux des régions
proches des grandes agglomérations.
La ville d'Azrou doit son
nom à un piton volcanique, dont le nom amazigh signifie "rocher", près
duquel elle a été construite comme stat ion estivale coquette située à
1200m d'altitude environ en bordure de la plus belle et la plus
conservée forêt de cèdres du Maroc (l'arbre de cèdre "Gouraud", dont la
longueur est de 34 m et son diamètre de sept mètres).
La visite
de la ville d'Azrou vaut le détour beaucoup plus pour son ambiance
tranquille, sa fraîcheur et pour l'architecture typique de ses
habitations où le bois est omniprésent que pour ses monuments.
 Aussi,
cette belle localité de montagne est célèbre pour son artisanat réputé,
le travail du bois de cèdre, le tissage des tapis, et par son site
verdoyant. Avec ses maisons de torchis ornées de tuiles vertes et
vernissées, son climat tempéré, cet antique village berbère reste le
point de départ idéal pour de nombreuses randonnées.
La ville
d'Azrou doit sa notoriété aussi à une coopérative artisanale très
active dans le temps et qui a donné un essor spectaculaire aux
fabrications traditionnelles. Les tapis berbères forment la base de la
production.  Les ressources forestières ont également permis aux artisans d'Azrou de se spécialiser dans le travail du bois.
Cette
localité a été le marché principal de la tribu des Béni M'Guild, des
Berbères Sanhaja faisant partie de la confédération des Ait Oumalou. Le
fondateur de la tribu fut le cheikh Al Mekki Al-Mouahidi. En 1820, il
prend possession d'un territoire abandonné par les Zemmour s, alors
descendus vers les plaines. Les Béni-M'Guild avanceront jusqu'aux
villes d'Azrou et Aïn-Leuh. Une grande partie de ce peuple nomade se
sédentarisera vers 1970.
Le village des sculpteurs
La
ville d'Azrou, cette belle localité encastrée au beau milieu de la
moyenne montagne du Moyen-Atlas marocain est célèbre pour son ar tisanat
réputé avec notamment le beau travail du bois de cèdre et le tissage
des tapis. De qualité robuste, les tapis berbères des Béni M'Guild
sont des tapis dits "laine sur laine"; le matériel utilisé pour la
chaîne et les fils de trame est presque toujours constitué de laine
brune ou noire. Les rangées de nœuds - 80 000 points en moyenne au
mètre carré - sont séparés de deux à six fils de trame, les chefs sont
très étroits et lâchement tissés.
Ces tapis ont une teinture
garantie. Les uns, de couleurs vives, ont un fond ocre ou rouge, comme
la terre du Moyen Atlas, et sont généralement rasés. Les autres, à fond
blanc, sont plus rares; discrètement rehaussés d'ocre ou de brun
(parfois aussi de tons pastels), ils gardent une longue toison. Ces
deux catégories de tapis ont en commun leur dessin exclusivement
géométrique et l'absence de motifs d'encadrement.
La
composition artistique utilise souvent un seul thème pour le décor de
la totalité du champ, l'élément d'usage est normalement le losange
exécuté en quadrillage; pour certains tapis, les losanges marrons sont
concentriques. Les Aït Abdi, fraction des Béni M'Guild, utilisent des
bandes transversales qui séparent le champ en deux ou plusieurs
compartiments.
Ils ont également un très grand penchant sur les
compositions en damier. Chez les Irklaoun on trouve également des
compositions en chevron. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que
si l'art de la statuaire s'épanouisse aussi à Marrakech et à Tanger,
c'est à Azrou qu'a été créé le premier atelier de sculpture. La matière
première utilisée par les artisans est le cèdre, l'acajou et le noyer.
Afin d'éviter que le bois ne joue, celui-ci est stocké pendant plusieurs années avant d'être travaillé. Les sculpteurs façonnent en moyenne deux pièces par jour lorsqu'il s'agit de petits animaux.
 Les
pièces plus massives demandent environ une semaine de travail. Les
artisans utilisent une herminette pour dégrossir le bois, une gouge et
un maillet pour évider, des burins, des scies, et un vilebrequ in pour
dessiner les yeux. Les oeuvres sont poncées à la râpe et au papier de
verre, on les finit à l'encaustique et à la peau de chamois.
Le
singe, qui vit dans la région, es t souvent représenté. On trouve
également l'aigle, le flamant rose, le cerf... Les artistes sculptent
parfois des hommes au travail, des femmes portant enfant ou jarre,
ainsi que des vases à anses multiples d'un seul tenant d'où pendent des
anneaux faisant chaîne et que l'on croirait soudés s'ils n'étaient en
bois.
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| Mohamed Drihem | LE MATIN |
26 août 2005
La petite Suisse du Maroc
Bâti en 1929, cet ovni du Haut Atlas évoque un Zermatt en réduction.
par Gilles Pudlowski - Le Point
La
route effleure les collines, joue avec les champs, longe de mai-gres
troupeaux qu'un berger surveille comme en flânant. La montagne se
dessine peu à peu, mariant l'ocre et le vert sans rupture.
Est-ce
le Luberon ou le Ventoux ? A Immouzer, 1 350 mètres d'altitude déjà,
les toits de tuiles romaines tr
ompent le voyageur. Ce n'est pourtant
pas la Provence. Plus loin, les lacs (on dit ici dayet) se
livrent derrière une rangée d'arbres : ce sont des cratères évidés que
l'été assèche. Dayet Afroua, Yfrah ou Hachlaf aboutissent à la rugueuse
vallée des Roches.
Est-ce le Cantal, celui de la chaîne des puys volcaniques chère à
Vialatte ? A Ifrane, un étang artificiel devenu lac policé, son
complexe de loisirs, son castel royal aux toits verts style château de
la Loire en montagne, sur le modèle des hôtels des grands lacs
canadiens (Banff Springs ou Lake Louise), intriguent. A-t-on changé de
planète ? Bâti de toutes pièces en 1929, ce bourg d'altitude sis à 1
650 mètres évoque Suisse, Savoie ou Vosges. Les chalets ont le charme
Ile-de-France, à moins de jouer - comme ce Grand Hôtel d'Ifrane en
travaux (provisoires ?) et proche cousin de la gare de Deauville -
l'Art déco balnéaire.
A force d'imiter les styles, Ifrane finit par avoir le sien propre,
faisant du mélange des genres un bel art. Ovni du Haut Atlas, né sous
la colonisation française comme une villégiature de plein air, il
permet à la bourgeoisie de Fès ou de
Casablanca de fuir les fortes
ch
aleurs d'été comme de faire du ski, l'hiver, à la proche station du
Mischliffen, à 2 036 mètres, ou au Djebel Hebri, qui culmine à 2 104
mètres.
On pourra évidemment songer que ce Zermatt en réduction a un cachet
plutôt désuet, mais c'est son charme même, sa bonhomie, qui sont ceux
du Maroc.
Son grand hôtel, le Michlifen (sans le « s », contrairement à la
station dont il a chipé le nom), déçoit en bien, comme disent les
Vaudois. Certes, le style de grand bloc années 20, revu ann
ées 80 sous
l'Annecien Paccard, qui oeuvra en décorateur plus ou moins inspiré à la
Mamounia et au Palais Jamaï, accuse le coup des ans, quoique ses larges
couloirs, ses chambres comme ses suites jamesbondesques ne manquent pas
d'allure rétro. C'est leur côté Roche Bobois d'il y a un quart de
siècle déjà qui retient, comme l'aspect de fausse tente berbère du
restaurant panoramique avec vue sur les arbres.
Le village, lui, offre repos et grand air. Au lac central, au
Cookie-Craque ou à La Paix, qui abritent les parlotes de la ville,
comme au Chamonix, bien nommé, où l'on boit un Martini dry assis sur
des sièges de Skaï rouge et où l'on loue des skis l'hiver. Un nid de
cigognes, près d'une maison à colombage, jouxtant l'office du tourisme,
dans un chalet de bois années 50, donne l'illusion d'une géographie
chamboulée. Est-on entre Munster et les Trois-Epis ? La Source Vittel,
qui jaillit de la roche au pied de la falaise, prolonge l'illusion.
On peut aussi choisir de faire étape ici comme point de départ vers
le Moyen Atlas aventureux. Randonnées balisées, VTT, pêche, chasse s'y
pratiquent selon la saison. La proche forêt de cèdres mène à la voisine
Azrou, do
nt le nom berbère s'explique par le gros rocher voisin de sa
belle mosquée moderne. A deux pas, une coopérative artisanale rassemble
tisseurs de kilims et sculpteurs sur bois qui travaillent pour le
plaisir du regard des visiteurs. On dérive vers le souk, avant de
prendre un verre à la terrasse du Café Beauséjour, puis d'aborder les
choses sérieuses en montagne.
Les routes sont larges, diverses, propices à la découverte. Tout
autour du cèdre géant dédié à Gouraud, lieutenant de Lyautey, les
balises désignent les chemins. Plus haut encore, c'est le circuit des «
alguemanes », ces cuvettes de lave qui se muent en lacs l'hiver, tout
près de belles cédraies. Ce Maroc-là, tonique, bon enfant et complice,
rafraîchit le voyageur désarmé par sa tendre naïveté
24 août 2005
Ifrane, capitale du cèdre
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Ifrane est le centre d'estivage marocain le plus fréquenté. Ses lacs
sont incontournables pour la pêche à la truite et au brochet. Elle est
également une région pastorale et possède une station expérimentale
pour l'étude des comportements des animaux.
Ifrane abrite l'une des plus prestigieuses universités du Maroc : Al Akhawayne, où l'enseignement est entièrement anglo-saxon.
Ifrane
signifie en tamazight (berbère) : grottes, (singulier:Ifri) si
nombreuses dans la région. Ces grottes ont transmis leur nom à la
région, plus connue des juifs sous forme : Oufrane. Les premières
traces de l'installation humaine dans la région remontent au
néolithique. Des grottes telles que celles de la zaouia du saint Sidi
Abdeslam Ben Yacoub dans la vallée de Tizguite ainsi que les vestiges
archéologiques remontant à la préhistoire à Zerouka, Ghabt, Al Bahr et
Itto en témoignent. Par la suite, la région d'Ifrane fut habitée
d'abord par les berbères puis par le s juifs, et ce, depuis environ
trois mille ans avant Jésus-Christ.
On prétend qu'elle a été la cité de la plus ancienne colonie juive au Maroc. La
situation géographique et son climat privilégié ont incité les
responsables à l'édification d'une station estivale. Une partie de la
main-d'œuvre sera constituée de prisonniers. Le 9 juillet 1929 arrive
le premier camion de matériaux. Le 15 août 1929 voit l'inauguration des
hôtels, du casino, de chalets, ainsi que le centre d'estivage et de la
place du lion.
Ifrane se transforme alors en station aux
allures suisses. Chacune de ses villas porte en elle des
caractéristiques : des toitures à tuiles rouges. Les inclinaisons
rappellent ainsi l'évolution de l'architecture des constructions en
France du sud au nord, autrement dit de la Côte d'Azur à la Manche. L e
visiteur peut même remarquer l'existence de façades typiquement
normandes ou bretonnes, voire alsaciennes. Par un sentiment de
nostalgie, chaque Français voulait ainsi transposer le mode
d'habitation de son pays d'origine et mémoriser par la même occasion
son passage.
Un Français qui a vécu à Ifrane de 1936 à 1992
confiait à propos de l'évolution du tissu urbain de cette cité, qu'en
fait les décideurs de l'époque voulaient faire en sorte que dans cette
ville, le Français ne se sentire à aucun mo ment dépaysé. Ifrane est le
centre d'estivage marocain le plus fréquenté et se trouve être le
chef-lieu de la province d'Ifrane qui se trouve au cœur du Moyen-Atlas
avec une superficie de 3573 km2. Elle est habitée par deux grandes
tribus Sanhaja, les Béni M'guild et les Béni M'tir.
Station de
montagne, cette cité est devenue un haut lieu des sports d'hiver. Avec
ses chalets aux toits couverts de tuiles rouges, elle est située à 1650
m d'altitude. Ses richesses naturelles ont amené les responsables de la
région à cr éer un parc national de 53000 ha.
C'est dans cette
région qu'on trouve la plus grande forêt de cèdre du pays. De son vrai
nom Ourti (jardin en tamazight), Ifrane est le centre d'estivage
marocain le plus fréquenté. Ses lacs sont incontournab les pour la pêche
à la truite et au brochet.
Elle est également une région
pastorale et possède une station expérimentale pour l'étude des
comportements des animaux. Ifrane abrite l'une des plus prestigieuses
universités du Maroc : Al Akhawayne, où l'enseignement est entièrement
anglo-saxon.
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Le Val d'Ifrane meurt à petit feu
Ifrane
dénommée “la Petite Suisse du Maroc”, ses alentours et sa région sont
connus pour leur végétation et leursanimaux. Ancienne “Arcadie” et
véritable réminiscence du “ Jardin des Délices ”, nombreux sont les
scientifiques qui d epuis le protectorat ont attiré l'attention sur la
valeur de ce riche écosystème. Lacs à nymphéas, cours d'eau, vastes
prairies, cèdres séculaires, oiseaux et papillons, constituaient un
cadre de vie hors pair.
Pour les spécialistes, certains
papillons ne volent qu'ici ! Depuis le milieu des années 90, ils sont
en voie d'extinction. C'est le cas de la Proserpine d'Afrique
(splendide espèce du premier printemps), du Zegris marocain, du
Faux-Cuivré berbère (qui vit en symbiose avec des fourmis qui élèvent
sa chenille !), du Grand Nacré de l'Atlas (immense papillon dont la
chenille se nourrit des violettes du sous-bois). Et l'on sait que les
papillons sont des indicateurs de la santé des sites.
Malheuresement,
la foule qui, dès les premiers beaux jours, déferle sur le Val d'Ifrane
pour se détendre sur les rives attrayantes de l'Oued Tizguite, pour
profiter de l'ombre providentielle des frondaisons, oublier la vie
citadine dans ce havre de fraîcheur, se désaltérer à la source Vittel
ou faire une promenade équestre à la Cascade des Vierges, ne le sait
peut-être pas, mais fait innocemment irruption dans un habitat dont la
biodiversité était il y a peu la plu s riche de tout le Moyen-Atlas. La
vallée de l'Oued Tizguite selon les scientifiques est un véritable
refuge d'espèces botaniques et zoologiques.
Ces chercheurs y
venaient du monde entier pour y étudier ces espèces et Ifrane était
encore il y a peu l'une des stations les plus emblématiques de tout le
Maghreb pour la valeur de ce patrimoine naturel. Les gens ne le savent
pas, mais ils doivent veiller à la non-destruction de ce capital
naturel.
L'éducation et l'information en sont les points
essentiels. “Connaître pour aimer, aimer pour respecter” est la devise
de l'Association des Amis du Val d'Ifrane tout récemment créée.
En
saison, certains lieux de la petite vallée pittoresque ne sont plus
qu'un champ de foire avec ses parkings, ses caravanes de voitures
cherchan t à pénétrer dans les bois, ses familles faisant la sieste, ses
fumées de barbecues, ses terrains de football improvisés…, tout cela au
son tonitruant des décibels d'autoradios. Cette ambiance n'est pas le
traitement le plus approprié pour cet écosystème qui se dégrade à petit
feu.
Face à cette fréquentation croissante, voire envahissante,
cet éden est désormais au purgatoire et si l'on veut éviter que ce
paradis ne devienne un enfer, le site doit bénéficier au plus vite
d'une gestion durable afin de pérenniser la valeur de ce site. |
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Mohamed Drihem | LE MATIN |
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