On l'appelle moussem de Tan
Tan ou le grand rassemblement des hommes bleus. Dans cette petite cité
en plein Sahara marocain, se déploie chaque année un immense
rassemblement de toutes les tribus mitoyennes à l'occasion du Moussem
Sidi Mohamed Maa El Aynine qui couvre à la fois un caractère religieux
et commercial. Lancé depuis hier et jusqu'au 18 de ce mois-ci, sous le
Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, ce moussem a acquis une
grande importance en devenant un événement majeur sur le plan social,
culturel et symbolique pour les habitants de la région.
Organisé
par l'Office national marocain de tourisme, en collaboration avec
l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la
culture (UNESCO), il est "le témoignage vivant des cultures orales et
artistiques marocaines ( ) qui représentent une leçon de savoir et de
créativité", notent les organisateurs. La réédition de cet ancien
moussem culturel et touristique permet à la région de s'ériger en un
carrefour de rencontre pour les divers modes d'expressions qui ont, de
tout temps, alimenté les valeurs nobles de l'homme saharien dans sa
pureté authentique. Reprise, l'année dernière, après trente années
d'absence, cette manifestation a été ressuscitée, par les élus et
autorités locales de la ville, grâce au soutien de l'ambassadeur de
bonne volonté et consul honoraire du Maroc à l'UNESCO, l'espagnol Kitin
Münoz.
Le festival est, maintenant, l'occasion de renouer avec
les traditions d'échange, de créativité, de mise en commun de tous ce
qui fait l'expertise, la création, les arts, les danses, l'artisanat…
Il est célébré sous différentes couleurs de chants, de danses
traditionnelles du désert, de parades de cavaliers nomades, de course
de dromadaires, de fêtes nocturnes, fantasias, d'expositions d'art et
de scènes de vie quotidienne, en présence de hautes personnalités
nationales et étrangères. La tenue du moussem de Tan Tan est l'occasion
d'apprécier les tentes à thèmes où sont exposés différents aspects de
la vie et de la culture nomade.
Elles retracent toute
l'histoire de la région et relatent à travers des créations artisanales
une partie de la vie sociale des habitants du Sahara marocain. Cette
région qui déborde de merveilles, de superbes oasis et paysages qui
n'existent nulle part ailleurs et qui méritent une attention
particulière. Grâce à son moussem, la ville est devenue un véritable
rassemblement de plusieurs milliers de nomades des différentes tribus
du Sahara marocain qui viennent partager leurs émotions et leur
diversité et richesse culturelles.
La présence, l'année
dernière, du directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui
était accompagnée d'une quarantaine d'Ambassadeurs de bonne volonté de
cette organisation universelle, a donné, à ce festival, le caractère du
patrimoine culturel mondial. Cette initiative cadre bien avec les
nouvelles visions de la communauté internationale qui ne ménage aucun
effort pour la sauvegarde du patrimoine. Cet effort s'est d'abord
traduit en novembre 2003 par la publication de la seconde liste des
chefs d'œuvre du patrimoine immatériel et l'adoption, par la 32e
conférence générale de l'UNESCO d'une convention pour la sauvegarde du
patrimoine culturel immatériel.
Sur ce point, Koïchiro
Matsuura, a été suffisamment clair quand il a évoqué l'engagement du
Maroc en faveur de la revalorisation du patrimoine immatériel. Il a
indiqué que " le Maroc a été parmi les premiers Etats à ratifier la
convention de l'organisation onusienne(…). La revalorisation du moussem
de Tan Tan devrait permettre à la culture nomade de s'épanouir et de
devenir un patrimoine mondial ". Aujourd'hui, cette grande
manifestation est en passe de devenir un héritage intangible de
l'Humanité. Il s'agit d'une manifestation d'une valeur exceptionnelle
qui doit être sauvegardée. A cette fin, l'UNESCO déploie un grand
effort et parraine pour le Maroc son programme sur le patrimoine
immatériel.
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