05 septembre 2005
Agadir : Vers l'aménagement de l'une des plus belles baies du monde
Est-ce une réelle
volonté de passer à la vitesse supérieure dans le domaine de
l'information et la communication ? La réponse est plutôt affirmative
si l'on prend en considération l'excellente initiative de la commune
urbaine d'Agadir relative à l'implication de la presse dans une tournée
collective sur les différents coins de la plage d'Agadir.
En
effet, le président du conseil communal, en compagnie du président de
l'Association de l'industrie hôtelière (AIH), du président de la
Confédération générale des entreprises au Maroc-Union régionale
(CGEM-UR), des architectes et cadres de la commune, a convié
dernièrement les représentants de la presse nationale et régionale à
prendre part à une visite de la plage d'Agadir. Considérée par
l'Instance internationale ad hoc comme l'une des plus belles baies du
monde, la plage d'Agadir demeure, malgré de grosses améliorations,
l'une des préoccupations majeures aussi bien de la commune que des
autres intervenants concernés.
Etendue sur 10 km, depuis
l'embouclure de Oued Souss à la Marina, cette plage balnéaire d'une
splendeur remarquable renferme malheureusement des points noirs qui
continuent à ternir cette image de marque incontestée. Tarek Kabbage,
président de la commune et son équipe d'environnement et de tourisme en
sont conscients et s'attellent à surmonter les déficits dûs
essentiellement à un cruel cumul des années de laxisme et de démission.
Tout d'abord, il est à signaler la problématique chronique de
l'occupation du domaine public dont les auteurs, profitant des
concessions communales à la limite de l'admissible, abusent sans
scrupule des espaces sablonneux allant jusqu'à la jetée.
C'est
une situation qui devient de plus en plus compliquée vu le caractère
cumulatif qu'il revêt au fil des années, au point de s'ériger en fait
accompli indélogeable. Au côté de ce dérapage déplorable, s'ajoute
également le sévice permanent causé par les pollueurs qui déversent
leurs déchets industriels directement dans la mer, notamment à Anza, à
quelques centaines de mètres seulement de la baie d'Agadir, en plus des
préjudices marins entraînés par le complexe portuaire avoisinant.
D'autre part, il a été remarqué, non sans amertume, l'insuffisance
manifeste des toilettes tout le long de la baie, alors que,
s'étonne-t-on, dans une petite plage comme Essaouira, on a mis en place
des toilettes, même pour les handicapés. Pour ce qui est des kiosques
situés particulièrement sur le passage Al Wahda, leur état piteux et
crasseux, sans hygiène ni esthétique présente continuellement un danger
pour les citoyens, spécialement les estivants en masse. Ce passage qui
reste très fréquenté devrait, en fait, être mieux aménagé en prévoyant
à sa limite, au bord du sable, des points d'eau permettant aux
baigneurs de se laver les pieds avant de fouler le sol pour éviter
l'état boueux, voire marécageux auquel il est soumis actuellement.
Concernant
les jet ski, on a relevé avec regret la multiplicité des couloirs
destinés à ce sport, d'autant plus que ces mêmes couloirs sont trop
larges, car dépassant toutes les normes admises. Ces abus constituent
un véritable péril pour les baigneurs, surtout que les signalisations
manquent, et que l'entrée et la sortie des engins s'effectuent à bord
des vaguelettes, ce qui est aussi non conforme aux règles requises. Sur
un autre registre à la fois environnemental et patrimonial, le problème
de la dégradation des dunes était vivement soulevé, d'autant plus qu'un
établissement hôtelier s'acharne aujourd'hui à vouloir anéantir la
partie restante de ce site. D'autres contrées, plus respectueuses de
l'environnement, telles Las Palmas qui est plus près de nous, entourent
ce genre de sites de tout l'intérêt qu'il mérite, au point même de
monter toute une réserve à cet effet.
Heureusement, la commune
d'Agadir s'est énergiquement interposée pour faire face à ce nouveau
massacre. Les travaux du complexe hôtelier en question ont été entamés
derrière les dunes en attendant les études en cours. Il semble bien, à
croire les propos du responsable communal, intransigeant à ce sujet,
que ce capital de la ville fera bien l'objet d'une farouche résistance
du conseil contre toute tentative de détérioration des dunes et des
végétations environnantes à savoir, en particulier, l'eucalyptus, en
dépit des autorisations émanant des services centraux en faveur d'une
institution touristique mondialement connue. Ceci dit, la plage
d'Agadir est sujette, d'après les déclarations du président de la
commune, à une profonde réhabilitation dans le cadre du Programme de
développement régional (PDR). Le projet de la promenade qui comporte
bon nombre d'innovations dont particulièrement chemins piétons, pistes
cyclables, accès multiples, apuration des eaux usées, éclairage public,
identité visuelleŠ permettra, sans doute, une bien meilleure image de
cette baie attrayante.
Pour ce, l'effort communal devrait
inéluctablement être accompagné par celui des autres acteurs
directement liés à cette tâche, en particulier les professionnels
hôteliers au front de mer qui doivent oeuvrer pour l'embellissement de
la baie, la propreté et la promotion de ce projet balnéaire de valeur.
Les hôtels ont affiché complet pendant cet été, soit plus de 17%
d'augmentation par rapport à l'année 2004, affirme Abderrahim Oumani,
président de l'AIH et de la FNIH. Ce qui motiverait les hôtels à
doubler d'effort pour mieux agrémenter les façades, nettoyer les
environnements et valoriser davantage la baie, source de la promotion
du produit touristique. En attendant et en guise pareillement de
motivation et de mérite, le prix pavillon bleu pour la propreté et
l'animation est en passe de reconnaître tout l'effort accompli
jusqu'ici dans une plage qui mérite meilleur traitement, même si des
réalisations louables ont été enregistrées, en terme de propreté,
d'aménagement de divers sites balnéaires, de respect des domaines
publics sur le front de mer, de la maîtrise de la circulation, du
maintien de la sécuritéŠ La volonté de faire mieux existe donc, il
faudrait concrétiser, pérenniser, fidéliser et surtout valoriser cette
baie plébiscité parmi les meilleures au monde, à commencer, comme l'a
bien fait remarquer notre collègue Rial Med, par mettre des panneaux
pour informer les visiteurs de la plage sur ce plébiscite qui fait la
fierté de la région. A force de voir ces enseignes géantes, on est
tenté de s'apercevoir de la valeur de notre page.
Source: fmdt.ma