20 août 2005
Rabat-Salé, une richesse architectural pleine d'histoire
La ville composée en fait de deux "villes " distinctes qu'on appelle
aujourd'hui la ville de "Rabat-Salé ", comme nous le confirme l'historien et archéologue, Mohamed Es-Semmar. La ville possède
effectivement une richesse urbaine qui englobe beaucoup de mausolées,
de tombeaux de Sultans et de Rois du Maroc.
Ceux-ci y ont
construit deux nécropoles. La première celle qui existe au Méchouar
depuis Hassan 1er et Moulay Youssef et le mausolée Mohammed V, là où
sont enterrés deux Rois Alaouites, feu Sa Majesté Mohammed V et Hassan
II. "Ces Rois qui sont enterrés dans le mausolée de la vallée de
Bouregreg nous permettent de lui donner le nom de «La vallée des
Rois'", nous confie le docteur Es-Semmar.
Quant à l'affinité des deux rives sur le plan patrimonial, nous constatons beaucoup de différence en rapport avec les époques traversées, dans lesquelles l'importance de l'une par rapport à l'autre changeait aux yeux des sultans et des kalifs qui régnaient dans le temps.
L'exemple le
plus frappant est celui des quatre kasbahs qui existent sur la rive
gauche(kasbah des Almoravides, kasbah des oudayas, kasbah de chellah,
et la kasbah des Alaouites(Touargua), alors que la rive droite n'en
possède qu'une seule (la kasbah des gnawa). Nous remarquons aussi
l'existence de plus de portes monumentales et de mosquées à Rabat. Par
contre, Salé foisonne de Zaouiya et de mausolées de Saints. Donc,
chaque règne a privilégié l'une plus que l'autre.
De ce fait,
Rabat-Salé a eu l'honneur d'être le réceptacle de plusieurs monuments
de valeur que nous pouvons énumérer, la ville de Sala (Ribat Chellah),
le Ribat Tachfine(à proximité de la grande porte des Oudayas), la
Kasbah des Oudayas, la ville de Ribat Al-Fath, le site du Chellah,
l'arsenal militaire Bab Mrissa et Bab Al Farrane, Zaouiate Anoussak,
l'aqueduc d'Abou Al Hassan s'étendant de Aîn Al Baraka jusqu'à la ville
de Salé, la Médina de Rabat, la muraille andalouse de Bab Al Had
jusqu'à bor
Sidi Makhlouf, les souterrains de la Kasbah des Oudayas, la
Kasbah de Touarga, Bab Laqbibat, Bab Tamesna, Bab Marrakech, Bab Rouah,
Bab Laâlou, Bab Zaêr et la grande porte à l'intérieur du Palais Royal,
le Mausolée d'Abou Al Hassan, l'aqueduc de Aîn Ghboula jusqu'à la ville
de Ribat Al Fath, Qalâat Laâlou, les jardins des Oudayas et le Musée,
les scalas, l'aqueduc de Aîn Atiq, le Palais Royal, entre autres
mosquées, zaouiya et mausolées de Saints.
Mais, il faut
préciser que les murailles sont les principaux monuments historiques
d
es deux rives, car sans enceinte on ne peut parler ni de Rabat ni de
Salé, puisque ce sont les limites entre l'espace urbain traditionnel et
l'espace rural. Ainsi, les murailles constituent une sorte de frontière
entre les deux espaces et comprennent aussi bien les grandes portes,
les scalas et les tours.
Puis, bien sûr tout ce qui se trouve à l'intérieur comme Kasbahs, mausolées, mosquées, médinas etc.
Sans oublier de mentionner que le Mausolée Mohammed V, avec son aspect de modernité, peut être aussi considéré comme étant une continuité de ce patrimoine antique, puisqu'il renferme le chef d'oeuvres de toutes les civilisations qui se sont déroulées au Maroc.
"Feu Hassan II a
voulu faire de ce mausolée une synchronisation de toutes les écoles
architecturales de l'art arabo-musulman, commençant par les Idrissides
et faisant tout un voyage à travers les Almoravides, les Mérinides, les
Almoha
des, les Maurisques puis les Alaouites. Ce qui a donné un joyau
renfermant une synthèse de la civilisation architecturale
et
monumentale marocaine faisant revivre l'art de l'artisanat ancestral",
précise Mohamed Es-Semmar.
Il est vrai qu'une grande partie de ce patrimoine avait connu dans le passé un délaissement considérable, en dehors de certaines tentatives sporadiques de sauvegarde. Mais, fort heureusement, nous avons remarqué ces dernières années une vraie prise de conscience vis-à-vis de notre patrimoine ancestral. Comme, par exemple, la restauration des murailles qui est en train de se réaliser dans tout Rabat.
" Nous avons commencé par protéger nos
murailles et tout ce qu'elles englobent comme tours, portes et scalas
et nous allons essayer, en même temps, de les faire revivre en y créant
des activités culturelles ou touristiques. Puis
, il est aussi impératif
de s'int
éresser aussi aux kasbahs qui véhiculent avec elles des
histoires et des traditions très antiques. Ainsi, ces kasbahs qui font
partie de notre mémoire doivent être restaurées, réhabilitées et
entretenues, tout en gardant leur aspect architectural typique aux
époques historiques anciennes ", affirme notre archéologue et
historien, M.Es-Semmar.
C'est vrai que c'est un travail très
délicat qui nécessite aussi une sensibilisation du citoyen par
l'intermédiaire de tous les médias (TV, Radio, presse écrite, écoles,
universités, entre autres) pour qu'il soit conscient de l'importance et
de la valeur réelle, historique et culturelle, de ces monuments pour
pouvoir mieux les apprécier et les conserver. Tout le monde doit s'y
mettre pour obtenir des résultats concrets. 
Ainsi, pour partager les tâches de ce projet d'envergure, une commission spécialisée a été créée pour le cas de la Kasbah des Oudayas, sous forme d'une fondation constituée pour sa sauvegarde, vu l'état déplorable auquel elle est arrivée.
Son rôle sera de
réhabiliter, restaurer et mettre en œuvre et en valeur les monuments
qui existent dans cette kasbah. Quant aux constructions, la fondation
essayera au maximum de respecter les normes architecturales. Ainsi, des
sanctions seront appliquées contre tous ceux qui ont commis des
infractions.
Cette fondation essayera en second plan de faire en
sorte que la Kasbah at
teigne un niveau de réhabilitation et de
restauration honorable pour qu'elle soit classée monument mondial,
selon le souhait de S.M le Roi Mohammed VI. Pour arriver à cela, un
programme fut tracé sur trois niveaux( court, moyen et long terme) avec
un budget adéquat et une équipe de spécialistes.
Ce programme
se poursuivra dans l'avenir avec la formation d'autres fondations pour
Chellah qui possède une v
aleur inestimable et un emplacement
stratégique et pour la Médina de Rabat qui n'a que le nom de Médina,
puisque c'est devenu un quartier populaire déplorable où l'anarchie
règne sur tous les plans.
Toujours est-il, pour pouvoir régler
certains problèmes de notre patrimoine nation
al, le docteur Es-Semmar
insiste sur le fait que ces monuments soient sous le pouvoir des Walis
et Gouverneurs qui peuvent donner des décision concernant le sort de
ces trésors architecturaux. L'exemple le plus concret est celui de la
restauration du tronçon de la muraille, allant de Bab Zaêr jusqu'au
ministère des Affaires étrangères qui fut restauré dans les normes de
l'art par la Wilaya de Rabat-Salé, puis de celles en cours de
réhabilitation dans tout Rabat-Salé.
Propos recueillis par Ouafaâ Bennani | LE MATIN
Commentaires
je suis tres content avec ça
Bravo et merci !
Bonjour,
Je viens de retrouver le Salé et Rabat de mon enfance; les Oudayas n'ont pas changé, le BouRegreg toujours à sa place.
C'est magnifique de lire toutes ces informations que je ne connaissais pas très bien.
Encore merci.
Cordialement.
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