Terre Maroc

Voyage au Maroc

11 juillet 2006

Asilah, une perle au bord de l'océan

Amateurs d'art et d'architecture, vous aimerez Asilah pour sa douceur de vivre et sa nonchalance océane. Car derrière ses remparts construits par les portugais au 15e siècle, Asilah demeure une des perles de la côte atlantique marocaine.
Tour à tour espagnole et marocaine, la ville porte les multiples empreintes de ses visiteurs. Les murs des maisons sont ici ornés de fresques hautes en couleurs. Et les ruelles étroites de la médina abondent en ateliers et galeries d'art de toutes sortes. Une richesse artistique qui s'exprime sous de multiples facettes lors du grand festival d'été.
Ville de patrimoine, Asilah vous séduira aussi par ses plages magnifiques, facilement accessibles. Avec des coins superbes de nature sauvage, face aux vagues de l'océan.

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12 octobre 2005

Découverte d'un campement Atérien qui date de plus de 50 000 ans avant JC

Un groupe de chercheurs de l'Institut des Sciences de l'Archéologie et du patrimoine (INSAP) du ministère de la Culture, vient de mettre au jour un important campement atérien qui daterait de plus de 50 000 ans environ au sud de la station d'hiver de Michlifen dans la région d'Azrou.

Cette nouvelle découverte, qui s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche intitulé "milieux et cultures matérielles pré et pro historiques durant le pléistocène et l'Holocène au moyen Atlas", a fourni un outillage préhistorique composé de pointes, de racloirs, de grattoirs, indique le ministère de la Culture dans un communiqué parvenu à la MAP.

Les mêmes recherches ont, également, permis de localiser des structures d'habitat préhistoriques dans la grotte d'ifri Ouberid située dans la commune d'Aïn Elleuh à 30 km environ au sud de la ville d'Azrou.

Les dites structures, qui dateraient d'après l'étude préliminaire du matériel archéologique des civilisations néolithique et campaniforme (entre 6000 et 3000 ans avant notre ère), se composent d'ateliers de fabrication d'outils en silex et en calcédoine et de structures de combustion qui conservaient encore les ossements d'animaux sauvages (mouflon à manchettes, b uf sauvage, gazelles, sanglier, chacal ) chassés par l'homme de l'époque.

La présence dans les structures précitées de la céramique et de matériel de broyage témoignent d'une éventuelle pratique de l'agriculture et d'un savoir culinaire ancestral bien développé.

Une activité artistique est, aussi, attestée par la découverte d'un certain nombre d'objets de parure fabriqués à partir de coquilles de mollusques marins et d'ossements d'animaux.

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Palais Al Bachaouia

Mohamed Ben Kharafa a l’air magistral. Vêtu de djellaba soyeuse, chaussé de babouches, il nous accueille en maître de céans à la porte de « Qasr Al Bachaouia ». D’un geste habile, il nous fait signe d’entrer. Conservateur de ce lieu historique, situé au boulevard Victor Hugo (quartier des Habous), M. Ben Kharafa a pour tâche de veiller sur un imposant chef-d’œuvre architectural. Edifié dans les années 40 du siècle précédent, ce bijou semble n’avoir rien perdu de son éclat d’antan. M.Ben Kharafa veillerait à assurer l’entretien de ce site au jour le jour. «Comme vous pouvez le voir, le site est bien entretenu», fait-il, avant de porter la main au front comme pour chasser une mauvaise idée.
Au fait, la seule ombre au tableau reste cette nuée de colombes qui élisent domicile sur les remparts et le toit de l’édifice. Mais ces colombes donnent au site un sens et un accent particuliers. Si ces colombes ont choisi d’habiter dans «Qasr Al Bachaouia», c’est parce que ce lieu représente un îlot de paix dans l’Océan du tumulte casablancais. «Ces colombes sont là pour rester», tranche M. Ben Kharafa. Symboles de paix, de pureté et de candeur, ces colombes sont également là pour accentuer la particularité d’un édifice historique authentique et solennel. Construit à base de marbre, de zellige, et de bois, cet édifice donne à voir des gravures et des fresques d’une beauté inouïe.
Le génie de l’artisan marocain apparaît dans toute sa splendeur. Ici, des arcades de gypse surplombant des portes en bois majestueux ; au milieu, une fontaine de marbre apporte, avec les quelques cyprès élégants qui l’entourent, une bouffée de fraîcheur aromatisée ; là, un salon, dont le toit est embelli de beaux motifs inspirés de la tradition arabo-andalouse ; ailleurs, des sculptures sur bois rouge comme on aimerait tant voir et revoir…
Les touristes, qui se rendent à « Qasr Al Bachaouia », sont légion. «Notre seule condition pour ouvrir l’accès à ces touristes, c’est qu’ils soient accompagnés d’un guide autorisé », indique M. Ben Kharafa. En ce qui concerne les nationaux, l’entrée reste libre. Haut-lieu touristique, «Qasr Al Bachaouia» offre également un cadre propice à l’activité artistique et culturelle. En témoigne la belle soirée avec la vedette de la musique andalouse Mohamed Bajeddoub, organisée par le Lion’s Club de Casablanca. Un magnifique voyage dans le temps et dans l’espace, par le transport d’une part vivante de notre mode musical arabo-andalou.
Autre preuve de la magie de ce site, «Qasr Al Bachaouia» offre un lieu de tournage esthétiquement irréprochable.
Plusieurs émissions des deux télévisions nationales y ont été tournées ; on peut citer, à titre d’exemple, l’émission «Arts et lettres» de 2M. Devant le manque patent d’espaces d’art et de culture à Casablanca, «Qasr Al Bachaouia» présente une très belle alternative. Simplement, ce lieu de mémoire, propriété de la wilaya du Grand-Casablanca, qui tient lieu de siège du Conseil de la région de la mégalopole, en plus de sa vocation artistique, concentre des bureaux administratifs. D’où la difficulté de le doter d’un programme d’animation régulier. Le convertir en espace d’art permettra de lui donner du relief, et offrira aux amateurs du beau un lieu de rencontre idéal.

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04 octobre 2005

Des espèces rares au Lac Afennourir

maroc919Situé sur un plateau du Moyen Atlas tabulaire à 20 kilomètres, à vol d'oiseau, au sud de la ville d'Azrou, sur la route tertiaire du circuit des cèdres reliant le village d'Aïn Leuh à la Route impériale reliant Méknès à Tafilalet (RN 20), le site du Lac Afennourir qui appartient à la Commune rurale de Aïn Leuh relevant de la province d'Ifrane est d'une superficie de 800 ha, au beau milieu d'une cédraie à une altitude de 1790-1800 m. Ce très beau site de montagne inscrit comme site Ramsar sur la Liste des zones humides d'importance internationale le 20 juin 1990, composé d'un lac naturel peu profond, de près de 400 ha, d'une pelouse humide qui l'entoure et d'un ruisseau situé au déversoir du lac est d'une très grande valeur écologique du fait que ce lac de montagne particulier (faible profondeur et grande étendue) enregistre la présence régulière d'une importante population nicheuse et hivernante du Tadorne casarca Tadorna ferruginea considérée comme étant une espèce rare et constitue aussi, un lieu de prédilection pour une importante population nicheuse et hivernante de Foulque à crête (Fulica cristata) d'où la raison initiale de son inscription sur la liste des zones humides d'importance internationale.

Le Tadorne casarca hiverne régulièrement dans le site avec une moyenne de 225 individus, soit près de 8 % de l'effectif de la population hivernante régionale. En saison de sa reproduction, cet effectif varie entre 100 et 400 individus, avec 5-10 couples nicheurs.

Quant à la Foulque à crête Fulica cristata, elle montre pendant les hivers humides des contingents de 240-600 individus, le seuil 1% ayant été dépassé au moins deux fois, alors que cet effectif peut dépasser les 1000 individus en période de reproduction. Malgré la rétention de l'eau par une digue artificielle basse, l'hydrologie du lac reste dépendante des précipitations et de la fente des neiges en particulier, puisqu'il s'assèche souvent après des hivers secs. Le site est surtout considéré comme type de lac de montagne sans équivalent dans la région nord-africaine, d'origine karstique, de profondeur faible et homogène, situé dans une cuvette remplie de basalte quaternaire ; il est envahi de végétation immergée et entouré par une pelouse verte de montagne.

Le site est dominé par des eaux lacustres peu profondes peuplées par un lit de végétation immergée, parmi laquelle peuvent être observés des îlots plus ou moins larges de végétation émergente (Scirpaie) ; la pelouse, où pâturent des tadornes et un grand troupeau de moutons, entoure presque la totalité du lac, mais elle est développée surtout du côté Sud-Ouest. Le site du Lac Afennourir est caractérisé par la présence d'au moins trois espèces rares ou à distribution localisée au Maroc : Persicaria lapathifolia (Polygonaceae), Damasonium alisma (Alismataceae), Juncus inflexus (Juncaceae).

Deux espèces d'oiseaux vulnérables se reproduisent dans le site (Tadorne casarca Tadorna ferruginea et Foulque à crête Fulica cristata). Ce site constitue la meilleure zone humide moyen-atlasique pour l'hivernage des oiseaux d'eau : 26 espèces y ont été notées et l'effectif maximum absolu enregistré jusqu'à l'année 2000 est de 6321 oiseaux, essentiellement des Ansériformes, avec des pics de 2000 canards siffleurs Anas penelope, 1450 fuligules milouins Aythya ferina, 450 tadornes casarca Tadorna ferruginea et 300 canards chipeau Anas strepera. La Foulque à crête Fulica cristata y est régulièrement présente, avec généralement peu d'individus mais un maximum de 365 hivernants a été compté en 1999. Le Grèbe à cou noir Podiceps nigricollis est parfois abondant (240 hivernants en 1997).

Ce lac joue un rôle fondamental dans le parcours des ovins (on compte plus de 1000 têtes), à la fois via sa pelouse et en tant que source d'eau d'abreuvement.
L'ensemble des terrains entourant le lac constituent une zone de parcours naturelle, traversée par une piste d'accès au lac, longue d'environ 1,8 km ; mais quelques baraques ont été construites récemment à proximité du lac par des transhumants sédentarisés ces dernière années de sécheresse qui a sévi dans la région.

Les facteurs (passés, présents ou potentiels) défavorables affectant les caractéristiques écologiques du site, notamment les changements dans l'utilisation des sols (y compris l'eau) et les projets de développement se résument ainsi.

Dans le site Ramsar, il n'y a pas d'activité notable, mais vu la faible profondeur du lac, l'abondance du brochet, poisson prédateur devrait en principe gêner la nidification de plusieurs espèces d'oiseaux.

Dans la région voisine, la pression de pâturage permanente sur la pelouse qui est très forte en été (plus de 1000 moutons), l'usage du lac pour l'abreuvement du cheptel, les Puits creusés à proximité du lac bien qu'ils contribuent à réduire le dérangement des oiseaux, puisent directement l'eau de la nappe, déjà peu profonde et enfin, le tourisme : visiteurs encore rares, mais en croissance vu les facilités d'accès.                                                                                                   

Mesures de conservation en vigueur :

- Site Ramsar classé depuis 1980 et enregistré sur la liste des zones humides d'importance internationale en juin 1990;
- Site d'intérêt biologique et écologique ;
- Zone d'Importance pour la Conservation des Oiseaux ;
- Site englobé dans le Parc Naturel d'Ifrane ;
- Interdiction de la pêche, de la chasse et du campement, avec création récente d'un poste de gardiennage à proximité du lac encore non utilisé de nos jours.
• Mesures de conservation proposées mais pas encore appliquées
Mise en défens "tournante" d'une partie de la pelouse, dans le but de réduire l'impact (dérangement) du cheptel et des bergers sur les oiseaux en reproduction.
• Recherche scientifique en cours et équipements
Monographie environnementale du lac dans le cadre d'une étude écologique et d'évaluation des lacs du Moyen Atlas. Cette étude est réalisée dans le cadre de la préparation d'une thèse de doctorat d'Etat par l'un des auteurs de la fiche (LC). Suivi International des populations hivernantes d'Oiseaux d'eau, coordonné par l'Institut Scientifique de Rabat.                                                                                                      Mohamed Drihem | LE MATIN

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03 octobre 2005

Appel d'Azemmour pour déclarer la ville patrimoine universel

Les participants à une journée d'étude sur "la requalification urbaine d'Azemmour" ont appelé à redoubler d'efforts et à prendre toutes les mesures nécessaires pour classer cette ville en tant que patrimoine universel.                                        

 

                                                

Les recommandations de cette journée d'étude, qui a vu la participation de plusieurs chercheurs marocains et étrangers spécialisés dans le domaine du développement durable et la requalification urbaine, ont souligné la nécessité de prendre des mesures d'urgence pour sauver les monuments en ruine et les exploiter dans des activités économiques, sociales et culturelles.

Les participants à cette rencontre, organisée jeudi à l'initiative de l'associations "Amis d'Azemmour", ont aussi insisté sur l'engagement du ministère des Habous et des Affaires islamiques à oeuvrer pour la restructuration des domaines existant dans la ville.

Par ailleurs, les recommandations dont lecture a été donnée lors de la cérémonie de clôture par M. Nabil Benabdallah, président de l'association "Amis d'Azemmour", ont appelé au lancement du plan d'aménagement et de protection de la ville tout en procédant à la révision de certains de ses aspects.

La requalification urbaine ne doit pas être effectuée selon une vision purement technique, mais doit prendre en considération les aspects humains et le cadre de vie des habitants, soulignent les recommandations.

Les participants ont aussi appelé à accorder un intérêt particulier au tissu urbain de la ville, et ce en coordination avec le ministère de tutelle, les autorités locales et les élus et insisté sur la redynamisation des activités liées à l'artisanat.

A l'ouverture de cette journée d'étude, M. Nabil Benabdallah avait indiqué que cette initiative vise à édifier un espace de rencontre et de dialogue pour la prospection des perspectives de développement durable et intégré de cette ville ancestrale, en parfaite harmonie avec les objectifs de l'association tendant, d'une part, à promouvoir une renaissance globale d'Azemmour, et d'autre part, à s'inspirer des expériences de développement local initiées par d'autres associations, telle l'association "Essaouira Mogador ".

Map

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30 septembre 2005

L'art pré- et protohistorique

Le Maroc occidental.
C'est le domaine géographique qui borde l'océan atlantique depuis Rabat jusqu'au sud d'Essaouira. La zone côtière, dans sa totalité rocheuse, est entaillée, soit dans le socle, soit dans les calcaires crétacés, soit dans les dunes consolidées attribuées aux successions de transgressions et de régressions marines depuis le Villafranchien.

Vers l'est, la meseta intérieure occidentale est occupée par de vastes plateaux souvent accidentés par des cuvettes entièrement ou partiellement fermées. En revanche, les plaines alluviales de Doukkala et de la basse Chaouia se caractérisent par une unité de paysages plus monotones. (Hardy & Célérier 1933 ; Despois & Raynal 1967 ; Pique 1994).

Dans cette zone du Maroc, plusieurs concentrations de pétroglyphes et de stèles furent signalées. D'abord, dans un abri à Kef el Kerma (Souville 1973), aux environs d'El Jadida, puis dans la grotte de Gorane (Antoine 1950) et à Outiat Moulay Ali, au nord de Safi, ainsi qu'à Nkhaila et à Moulay Idriss Aghbal, dans le pays Zaer (Denis 1967).

La plus importante concentration de gravures fut signalée à Koudiat el Mouneb, à 130 km au sud de Casablanca par Jean-Marc Langer en 1986 (Searight 1991). Au cours de l'année 1987, des travaux de reconnaissance des lieux furent menés par l'équipe du Groupe d'Archéologie et d'Anthropologie de Casablanca. Ces prospections ont abouti à la découverte de nouvelles gravures. Au total, 141 figures furent répertoriées. Elles sont toutes obtenues par la technique du piquetage. Les thèmes gravés identifiés comprennent des anthropomorphes, des cavaliers, des poignards courbes avec baudrier, des épées, des polissoirs et des quadrupèdes indéterminés (Searight 1991).

Malgré quelques ressemblances avec le groupe de gravures dites "libyco-berbères", notamment les figures de cavaliers, les représentations rupestres de Koudiat El Mouneb sont plus récentes. Elles sont probablement le temoignage des derniers pasteurs ou agro-pastoraux qui ont fait perdurer la tradition de graver après l'avènement de l'Islam dans les plaines du Haouz et de Rehamna.
En outre, la présence d'art rupestre au sein de la grotte préhistorique de Kef el Baroud fut constatée dès les années cinquante par l'abbé A. Glory.

Le site en question est situé dans le massif calcaire de Kef el Baroud, dans la vallée de l'Oued Cherrat, à environ 10 km à l'est de la ville de Ben Slimane. L'ouverture de la grotte principale, orientée vers l'est, mesurerait 25 m de long sur 7 m de large. Elle surplomberait le cours de l'oued d'environ 60 m et offrirait une vaste vue sur l'amont de la vallée. Trois concentrations de pétroglyphes se trouveraient au nord de l'entrée de la grotte principale, sur la façade exposée à l'est. Il s'agirait de cupules, et de traits gravés "en fuseau" et "à section angulaire".

Les peintures, très déteriorées, se situeraient sur les parois à l'intérieur de cette grotte, principalement près de l'ouverture vers l'extérieur ou à l'entrée de galeries latérales. Elles seraient effectuées en trois couleurs distinctes, à savoir lie de vin, orange, et jaune-ocre. Leur état de conservation permettait seulement l'identification d'un motif abstrait, dénommé "tronc surmonté d'une spirale". Le pigment ferrugineux de la peinture proviendrait de la région. Un sondage dans la couche grise aurait livré un fragment de cette matière première, ainsi qu'un galet recouvert d'ocre. ( De Wailly 1973 ; 1976).
Le Haut Atlas.

Le Haut Atlas représente la chaîne de montagne la plus élevée de l'Afrique du Nord. Orienté dans le sens ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est, il s'étend sur plus de 700 km, de l'Océan atlantique aux confins algéro-marocains. Il comprend, d'ouest en est, des unités variées, en l'occurence le Haut Atlas occidental, un massif culminant à 4.165 m qui est constitué de formations jurassiques ou crétacés entaillées de vallées profondes, le Haut Atlas central, un massif calcaire morphologiquement dominé par des zones tabulaires culminant à 2.500 m d'altitude, et le Haut Atlas oriental qui comprend le massif ancien de Tamlelt dont la bordure nord est occupée par ses plus hauts sommets, tel le Jbel Ayachi (3.760 m). L'altitude s'affaiblit vers l'est où débute le domaine des hamadas (Saadi 1983 ; Pique 1994).

Dans les hauteurs de l'Atlas de Marrakech, on connaît de grands ensembles de gravures rupestres, principalement à l'Oukaïmeden, au plateau du Yagour, et au Jbel Rat.

L'Oukaimeden, dont l'étymologie signifierait aussi bien le lieu de rencontre des gens que le lieu de leur rassemblement, est appliqué au sommet d'une montagne qui culmine à 3.273 m. L'installation d'une station de sports d'hiver, équipée, à l'instar du monde alpin, en téléphériques et chalets, a attiré de nombreux touristes européens qui y apprécient aussi bien le ski en hiver que les randonnées estivales. La découverte des gravures rupestres dans ces hauts lieux est due, en fait, à un vacancier du nom de Pinguet.

Il avait signalé leur existence près du village-station en 1949. Depuis cette date, l'Oukaimeden fut l'objet de plusieurs recherches qui aboutirent à des résultats fort intéressants, que se soit du point de vue de la compréhension des pétroglyphes ou de leur interprétation (Malhomme 1950 ; Jodin 1964, 1966; Simoneau 1967 ; Chenorkian 1988 ; Souville 1989, 1990, 1991 ; Searight 1993 ; Rodrigue 1997 ; Salih & al. 1998).

La majorité des figurations se trouve sur des bancs obliques de grès permo-triasiques, à patine gris-noirâtre, exposés au sud-sud-est. Le choix du support s'est porté de préférence sur des dalles lisses et bien placées, souvent à proximité du pâturage ou sur un emplacement qui domine bien ce dernier. Les techniques utilisées pour la réalisation des gravures sont de trois types, en l'occurrence le piquetage, le martelage et le polissage.

La première technique consiste en l'utilisation d'un objet pointu créant une plage de petites cupules creuses qui ne dépassent pas 2 mm de diamètre et 1 mm de profondeur. Le martelage se présente sous forme de petites cupules réalisées par un instrument creux en métal. Les cupules sont rondes, leur diamètre varie entre 2 mm et 10 mm et la profondeur ne dépasse guère 3 mm. Le polissage est une opération qui est mise en oeuvre après un piquetage préalable afin de donner une apparence lisse à la surface du support rocheux.

L'emploi de ces trois techniques démontre la maîtrise artistique des graveurs et leur habilité dans l'exécution de ces oeuvres. Parmi celles-ci, les armes, les zoomorphes, les anthropomorphes et les formes géométriques constituent les thèmes préférentiels. Les figurations d'armes sont les plus nombreuses, notamment à l'Oukaimeden (Chenorkian 1988). Elles sont réparties en sept genres d'armes offensives, comme les poignards, les haches, les massues, les hallebardes, les javelots et les armes courbes. En outre, on note la présence de boucliers en tant qu'armes défensives. A l'Oukaimeden, les poignards et les armes courbes sont mieux représentés qu'au Yagour où les "armes de jet" sont quasiment absentes.

Les hallebardes sont communes aux deux aires. En revanche, les boucliers dominent dans l'aire du Rat. Ces derniers furent souvent assimilés à des formes géométriques d'identification difficile. Ils seraient liés, surtout ceux représentés sous forme de disques, simples ou décorés, à des cultes astraux ou portant une signification cosmogonique (Souville 1990). Les scènes belliqueuses ou de guerre sont fréquentes dans l'aire rupestre du Jbel Rat, alors qu'elles sont inexistantes dans les aires de l'Oukaimeden et du Yagour.

Dans le groupe des zoomorphes, et hormis les gravures de quadrupèdes non- identifiables, on peut distinguer des figurations d'espèces sauvages et domestiques. Ces représentations animales sont réalisées en profil et reflètent les caractéristiques de chaque espèce. L'aire du Yagour est particulièrement riche en figurations animales, notamment de bovinés. D'ailleurs, ce thème est omniprésent dans les aires rupestres atlasiques, où il est souvent associé aux armes et aux éléphants. Ces derniers, avec les félidés, constituent les deux espèces sauvages les mieux représentées dans le Haut Atlas.

D'autres espèces y sont aussi relativement bien représentées, notamment les équidés montés de Rat, quelques antilopinés, des hyaenidés, des girafidés, des rhinocéridés et finalement des oiseaux. Les figurations anthropomorphes sont peu nombreuses mais assez variées. Elles sont figurées soit isolées soit en association avec des objets vestimentaires et d'armement, ainsi qu'avec des animaux, soit dans des compositions. Ce sont des représentations caractérisées par l'absence de réalisme et par l'attitude des individus en position dite "d'Orant", souvent armés ou figurant dans un contexte de guerre et de combat. Les représentations de forme géométrique sont souvent qualifiées, par les chercheurs dans ce domaine, de figures énigmatiques. Elles sont variées et aussi nombreuses dans le Haut Atlas que les armes et les bovinés. Ce sont des figures circulaires, semi-circulaires, rectangulaires, sub-rectangulaires, triangulaires ou compartimentées, en croix, ou en damier, courbes et serpentiformes et finalement des points et des cupules. Un dispositif de points et de cupulettes, dans une position d'alignement en deux ou trois rangées, correspond probablement à un jeu.

Dans la région d'Amezmiz, à environ 3 km au sud-ouest du village de Toulkine, plusieurs stations préhistoriques furent signalées. Parmi celles-ci, un groupe d'abris de peintures rupestres, notamment les abris d'Imi Ouzerwane et d'Amzri. Ceux d'Amzri sont au nombre de deux et sont superposés. Dans l'abri inférieur, l'Abbé A. Glory effectua un sondage en 1951. Des morceaux d'ocre, ainsi qu'une plaquette et une espèce de godet en os portant des traces de ce matériau auraient pu servir aussi bien à des effets de parure qu'à la réalisation de peintures rupestres. L'abri supérieur est situé à une dizaine de mètres au-dessus du précédent. Les dessins rupestres occupent les parois qui surplombent et l'abri inférieur et la vallée en contrebas. Les principaux thèmes figurés sont des lignes, des pointillés, ainsi que des formes géométriques, notamment des lignes parallèles, des figures quadrangulaires et circulaires, ainsi que quelques animaux et éventuellement des empreintes partielles de mains.

Les parois verticales présentent un état de dégradation très avancé, probablement imputable aux processus de desquamation de la roche. Quelques fragments de la surface-support des peintures qui subsistent au milieu des zones détériorées indiquent que la totalité des parois fut initialement décorée. Les motifs sont exécutés en couleur gris sombre, rouge violacé ou rouge violacé sombre, et brun orangé ou brun orangé sombre. Pour ce qui est de la datation, les résultats des fouilles dans la cavité inférieure d'Amzri attestent seulement que les lieux furent fréquentés probablement dès le Néolithique (Camps 1974 ; de Bayle de Hermens & al. 1984). Toutefois, vu la position des abris respectifs, ceci n'est d'aucun concours pour dater les peintures.

Par ailleurs, et sur le versant opposé de la vallée, un site de peintures rupestres fut signalé, sans plus d'informations, sous le nom d'Imi Ouzerwane (Rodrigue 1989). Il s'agit d'une série d'abris exposés au nord et à l'est, situés entre 20 et 40 m au-dessus du petit oued qui collecte les eaux des plateaux environnants. Pour une partie de ces auvents et cavités, les traces prononcées de suie et de piétinement témoignent d'une occupation intense par bergers et troupeaux. La roche calcaire y présente des traces d'extraction qui sont probablement liées à la construction des azibs voisins.

En outre, toutes les parois verticales de cette série d'auvents sont fortement désagrégées par des processus de desquamation. Or, les rares traces de pointillés de couleur rouge violacée sombre qui subsistent à Imi Ouzerwane ne permettent aucune évaluation de l'importance originale de cette station de peintures rupestres.
(A suivre)



Abdellah Salih - Le Matin

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Les Champs-Elysées de l'Afrique en projet

Il n'est qu'à se promener le long de l'avenue Mohammed-VI, anciennement appelée avenue de France, pour comprendre. Arrivé sur le trône il y a cinq ans, le jeune roi du Maroc a décidé d'en faire les Champs-Elysées de l'Afrique ! Déjà les 7,5 kilomètres de cette artère (dont 5 kilomètres flambant neufs inaugurés en mai 2004) filant vers les montagnes de l'Atlas sont bordés de palmiers fraîchement plantés au pied desquels pousse un gazon vert tendre bien arrosé. Mais partout alentours, les hôtels, villas et appartements témoins jaillissent plus vite encore que la végétation. Les promoteurs sont là, à l'affût des investisseurs dont le nombre devrait rapidement progresser à la faveur du plan de développement touristique, baptisé Azur, lancé par Mohammed VI. Objectif : attirer, d'ici à 2010, dix millions de touristes étrangers (contre un million actuellement) au Maroc.


«Acheter un bien immobilier dans cette zone est un excellent choix», promet Jean Pozzo di Borgo, directeur général d'Eden Développement, qui propose un programme immobilier prestigieux, «les Parcs de l'Agdal», aux abords des jardins royaux. Les 18 hectares de terrains acquis voilà quelques années par le Français Simon-Xavier Guerrand-Hermès, propriétaire de l'un des plus beaux riads de Marrakech, accueilleront bientôt 60 appartements de 100 mètres carrés chacun, vendus 215 000 euros l'unité, une douzaine de dars (maisons marocaines) avec jardin privatif (de 400 000 euros à 500 000 euros), et 18 villas dont le prix oscillera, selon les aménagements, entre 650 000 euros et 1,4 million d'euros. Jardins, patios, piscine, végétation savamment étudiée, domaine clos de murs et gardienné en permanence... 20% du programme ont déjà été commercialisés.

«Notre offre s'adresse à des gens qui ne veulent pas s'embarrasser des problèmes de construction et souhaitent investir au Maroc en toute sécurité, via de vrais professionnels», argumente Stéphane Murignieux, directeur du projet Abraj, à Bab Atlas, un autre programme immobilier situé cette fois-ci près de la palmeraie de Marrakech. Neuf villas y sont proposées à la vente, au coeur d'un luxueux domaine de 7,5 hectares qui comptera également un petit hôtel agrémenté d'un centre de bien-être et de neuf autres villas proposées à la location (4 000 euros la semaine). «Les propriétaires pourront bénéficier de tous les services de l'hôtel - conciergerie, jardinier, chauffeur - un peu comme s'ils étaient eux-mêmes des clients, explique Stéphane Murignieux. Ils auront aussi tout loisir de louer leur maison quand ils ne l'occuperont pas. Il y a une vraie demande pour ce type de produit...» Le prix ? Entre 500 000 euros et 560 000 euros pour une villa de 250 mètres carrés. Inauguration le 9 novembre. Après le ramadan.

Le Figaro - Ghislain de Montalembert

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L'or rouge de Marrakech

Le Figaro-Ghislain de Montalembert

Une vieille porte en bois sculpté, usée par le soleil, au coeur de la médina. Fermée. «Il y a du monde à l'intérieur, des femmes... Ils ne vous laisseront pas entrer», dit une voisine qui passe, revêtue d'un tchador. La porte du riad, pourtant, finit par s'entrebâiller timidement, laissant deviner l'intérieur de ce qui fut, autrefois, le palais d'un sultan ou d'un riche marchand marrakchi : le patio est immense, agrémenté d'orangers qui diffusent une fraîcheur divine, les murs passablement défraîchis sont ornés de zelliges, et les quatre vastes pièces du rez-de-chaussée ont conservé leur charme, oriental à souhait. «Je vous avais prévenu : voilà un riad dans son jus, habité par une famille marocaine très traditionnelle. Il est à vendre, si vous voulez...», sourit Mustapha Blaoui. Son prix ? Environ 10 millions de dirhams, soit un million d'euros. Une fois restauré. C'est cher, mais le riad en question occupe plus de 1 500 mètres carrés. Et à Marrakech, quel que soit l'état du bien, c'est la superficie au sol qui compte ; souvent, il faut tout reconstruire, y compris, parfois, les fondations ! Mustapha Blaoui connaît bien le marché. Des riads comme celui-ci, il en vend plusieurs par an à une clientèle fortunée qu'il reçoit fort civilement, autour d'un thé à la menthe, dans sa mystérieuse caverne d'Ali Baba où s'accumulent tapis, lampadaires en peau de chèvre, appliques, potiches en tadelack... bref, du sol au plafond, de quoi transformer n'importe quelle habitation en palais des Mille et Une Nuits ! Parmi les habitués : Catherine Deneuve, Giorgio Armani, Hillary Clinton, les Agnelli... Mustapha Blaoui, enfant du souk, connaît la terre entière. Mais son métier de prédilection, depuis quelques années, consiste à vendre des riads aux people et à des personnalités qui souhaitent davantage de discrétion (il aurait ainsi aidé Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à trouver le leur), et cherchent à s'établir dans la ville rouge. De Bernard-Henri Lévy à DSK en passant par Serge Lutens, Jean Poniatowski, Charles Aznavour, Homero Machry, Thierry de Beaucé, Jean-René Fourtou, la liste des Français propriétaires à Marrakech n'en finit pas de s'allonger. On y croise aussi de plus en plus de Belges, d'Anglais, d'Italiens. «Les Russes ne vont pas tarder car, depuis quelques mois, ils n'ont plus besoin de visa pour se rendre au Maroc», pronostique déjà un homme d'affaires français, habitué du vol Paris-Marrakech d'Air France.


Tout a commencé, dit-on, par une émission de «Capital» diffusée sur M6 en 1999. Il y était expliqué que l'on pouvait trouver des riads à restaurer dans la médina de Marrakech pour le prix d'un pavillon de banlieue : à l'époque, il s'en vendait entre 300 000 francs et 600 000 francs ! Qui eût cru qu'une telle information allait provoquer une véritable bulle immobilière ? En cinq ans, plus de 500 riads ont été vendus par des familles marocaines trop heureuses de quitter les rues insalubres de la médina pour les quartiers beaucoup plus résidentiels de Guéliz ou de l'Hivernage, autrefois réservés aux Français. Dans le même temps, les prix ont été multipliés par quatre ou cinq.

Une pénurie de briques et de parpaings


Certains ont transformé leur riad en véritable palais qu'ils habitent le temps des vacances ou d'un week-end prolongé : le Maroc n'est qu'à trois heures de vol des principales capitales européennes. Et le prix des billets a chuté : on se rend aujourd'hui à Marrakech comme à Deauville ou à Saint-Tropez il y a vingt ans. D'autres propriétaires, une fois les travaux de restauration achevés, ont choisi de rentabiliser leur bien en le louant sous forme de chambres d'hôtes. «C'est une activité relativement rentable», confie Alain C., 45 ans, qui travaille à Lyon mais possède un riad dans le nord de la médina, près de la mosquée Ben Youssef. Acheté 120 000 euros voilà trois ans, c'était une bonne affaire. «Au départ, je voulais acheter un appartement dans le sud de la France, mais je me suis aperçu que pour le prix d'un studio à Montpellier, je pouvais avoir un riad de 200 mètres carrés, en assez bon état, à Marrakech. Je n'ai pas hésité !»


Alain a toutefois dû dépenser 40 000 euros supplémentaires pour les travaux et la décoration de sa trouvaille avant de pouvoir la proposer à la location, via divers sites internet. «J'emploie deux personnes sur place qui accueillent les clients, servent les petits déjeuners, font le ménage et assurent le gardiennage. Quant aux réservations, je les gère moi-même depuis la France et je m'arrange pour venir à Marrakech tous les deux mois», explique-t-il, fier d'afficher un taux de remplissage de 60% à l'année. Un business rentable ? «En six semaines de location, j'amortis le coût de fonctionnement annuel de mon riad», résume «Monsieur Alain», comme l'appelle son personnel marocain.


Tout le monde n'a pas sa chance. La concurrence, aujourd'hui, est devenue sévère entre ces «riads-hôtels» qui ont fleuri un peu partout aux abords de la place Djema'a el-Fna. Difficile aussi de gérer les travaux de restauration lorsque l'on n'habite pas sur place : Marrakech est prise d'une telle frénésie qu'il devient délicat de trouver de bons artisans disponibles et surtout... respectueux des délais. «Cet hiver, on ne trouvait plus ni briques ni parpaings à Marrakech !», confie un investisseur en prise avec les pires difficultés. «En deux ans, le coût de la construction a grimpé de 30%», explique-t-on chez Ryad Plus, une société spécialisée dans les travaux de restauration. Quant à l'investissement de départ, il n'est plus du tout le même qu'il y a trois ans. «Les très grosses plus-values ont été réalisées par des gens qui ont investi il y a cinq ans», estime Jean-Dominique Leymarie, propriétaire d'un golf dans la région parisienne... mais aussi d'un délicieux riad dans le nord-est de la médina de Marrakech. Maintenant, pour faire des affaires, il faut investir à Essaouira (NDLR : au sud, sur la côte atlantique), qui pourrait un jour rivaliser avec Ibiza. Il va y avoir un nouvel aéroport, des golfs... Ça va monter, c'est certain. Le Maroc est sur le point de devenir la Floride de l'Europe».


Pourtant, ce n'est pas à Essaouira mais au sud-ouest de Marrakech que Jean-Dominique Leymarie a acquis les six hectares de terrains où il vient d'ouvrir le Beldi Country Club : une oasis de verdure et de luxe (restaurant, spa, piscine à fond noir très chic bordée d'oliviers centenaires) au milieu des dunes de sable chaud. Objectif : accueillir des vacanciers à la journée (par exemple, les clients des riads souvent dépourvus de piscine) ou à l'occasion de réceptions, de mariages, ou de séminaires. «Mon choix ne doit rien au hasard : la périphérie de Marrakech est appelée à connaître un véritable boom touristique et immobilier dans les années à venir», assure Jean-Dominique Leymarie. En deux ans, le prix de l'hectare y a déjà été multiplié par six !

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26 septembre 2005

La grotte des pigeons à Tafoghalt

Une équipe d'archéologues marocains a découvert, récemment dans la grotte des pigeons à Tafoghalt, dans la région de Berkane, des restes humains datés entre 11.000 et 12.000 ans avant notre ère.
ette découverte entre dans le cadre des recherches archéologiques dirigées par l'Institut national des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP), en coopération avec l'Université d'Oxford, indique un communiqué parvenu à MAP-Oujda de M. Abdelajalil Bouzouggar, enseignant-chercheur à l'INSAP et archéologue spécialiste des périodes préhistoriques. L'un des ces squelettes humains a été inhumé avec des cornes de mouflon à manchettes (ammotragus lervia), un mammifère de type artiodactyle qui était très abondant dans les régions montagneuses du Maroc oriental au cours des temps préhistoriques.

                     


A côté de ces restes humains ont été également découverts des outils lithiques et osseux. Cette nouvelle découverte permettra, selon la même source, une meilleure connaissance des rites funéraires des populations préhistoriques au paléolithique supérieur et particulièrement de la culture ibéromaurusienne.

La grotte des Pigeons à Tafoghalt a connu, rappelle-t-on, des fouilles archéologiques depuis les années 40 du du siècle dernier et jusqu'à 1977. Mais les recherches y ont été reprises de manière régulière à partir de 2003 par une équipe maroco-britannique sous la direction de M. Bouzouggar.
Les recherches actuelles, qui ont débuté le 5 septembre 2005, vont se poursuivre jusqu'au 1-er octobre.

La reprise des recherches dans cette grotte s'inscrit également dans le cadre d'un vaste programme de prospection au sol et d'inventaire des sites archéologiques réalisés dans la basse vallée de la Moulouya depuis 2001. Cette zone comporte la plaine littorale des Triffas bordée au nord par la Méditerranée et concerne aussi les massifs montagneux appartenant aux chaînons des Beni Znassen.

C'est dans le cadre de ces prospections qu'une série de sites de plein air a été découverte dans la région du Cap de l'eau contenant des outils lithiques, de la poterie et des fragments des oeufs d'Autruche. Ces derniers ont été datés au laboratoire des recherches d'analyses techniques et scientifiques de la Gendarmerie royale à Témara (LARATES) par la technique du radiocarbone et ont révélé des âges entre 5.500 et 5.100 ans avant notre ère.

On ajoute de même source qu'au cours de cette saison des recherches, les investigations vont se poursuivre dans la grotte de Ghafas (région d'Oujda) et des échantillons des sédiments et des charbons de bois y seront prélevés pour réaliser des datations en vue de la précision du cadre chronologique des groupes humains préhistoriques, qui ont peuplé le Maroc oriental il y a des milliers d'années avant notre ère.

MAP

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21 septembre 2005

La forêt de Sidi Mâafa, poumon et rempart de la ville

L'Agence urbaine d'Oujda vient d'achever l'élaboration d'une étude d'un projet d'aménagement d'un espace récréatif sur une superficie de 100 ha dans la forêt de Sidi Mâafa, située à la limite sud de la ville, et ce pour un coût global estimé à 13,5 millions de dirhams.

Selon des responsables de l'Agence, ce projet venant s'ajouter à d'autres programmes urbains visant l'aménagement d'espaces écologiques récréatifs, s'inscrit dans le souci d'encadrement du développement urbain de la ville en remédiant à ses retombées sur les besoins infrastructurels et autres dysfonctionnements dans l'espace de la cité.

La création du périmètre boisé de Sidi Mâafa (200 ha), qui abritera le parc récréatif, remonte à 1952, par arrêté viziriel, pour la protection de la ville d'Oujda contre les inondations et la limitation de l'érosion des sols de J'bel Hamra.

Cette forêt, qui joue le rôle de poumon pour la cité, accueille nombre d'habitants pour l'exercice des sports de marche, jogging, hippisme, vélos et autres randonnées.

Cependant, le nombre de plus en plus accru de visiteurs a eu des répercussions négatives sur le site, objet d'études, notamment la prolifération de détritus et saletés dans certains endroits de la forêt et la détérioration du couvert végétal, ce à quoi s'ajoute l'inexistence d'installations de sécurité, telles les barrières de protection contre la chute de pierres, la prolifération de branchages et troncs d'arbres séchés et manque de panneaux d'orientation des visiteurs.

Le parc forestier envisagé vise en particulier la satisfaction des besoins des habitants en termes d'espace boisé de détente et de loisirs, l'amélioration du cadre paysager, le renforcement du couvert végétal, la sensibilisation du citoyen quant au rôle écologique de la forêt et susciter sa participation à la préservation du patrimoine forestier.

Les opérations d'aménagement de l'espace portent essentiellement sur la création et l'aménagement d'un espace d'accueil, d'un portail et d'un espace mémorial du parc, aménagement d'aires de parking et de jeux pour enfants, construction d'une cafétéria, des locaux d'hygiène, de stations sportives, de bancs publics, le boisement et l'aménagement de jardins, de pelouses, de sentiers, de cheminements de mails, d'escaliers en bois pour accéder aux différentes parties du parc, l'introduction de la composante aquatique (cascades, lacs artificiels, fontaines et piscines), l'aménagement d'aires de repos et de pique-nique.

Ledit projet comporte aussi un traitement paysager et architectural d'un quartier non réglementaire avoisinant et la réhabilitation du mausolée de Sidi Mâafa, dont la forêt porte le nom.

La ville d'Oujda est dénuée de toute installation récréative et de loisirs, hormis le Parc Princesse lalla Aicha, situé au centre-ville sur une superficie de 16 ha et dont la date de création remonte aux années quarante du siècle dernier.
Ce parc comporte un terrain d'athlétisme, deux piscines, un stade de tennis, une piscine, un terrain de sport équestre, une aire de théâtre en plein air, en plus de divers arbres et plantations d'ornementation.

Cependant, l'importante croissance urbaine qu'a connue la ville et qui a fait disparaître des centaines d'hectares de vergers qui étaient irrigués à partir des eaux de l'Oasis de Sidi Yahya avant le dessèchement de ses sources, n'a été accompagné d'aucun projet de l'envergure du Parc Princesse lalla Aicha, ce qui marque l'importance du projet Sidi Mâafa envisagé et le besoin pressant des habitants de le voir réalisé, eu à égard à son rôle dans le développement humain de la ville.

MAP

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15 septembre 2005

Tan-Tan : l’âme du désert

maroc894Ayant fêté en 2004 la reprise de son moussem après trente années d’absence, Tan-Tan brigue aujourd’hui un statut : considérée comme le plus grand rassemblement de nomades en Afrique du Nord, la ville veut être inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité. Une légitimité que Tan-Tan puise de son passé de terreau des cultures nomades, et que veut bien étayer le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).
En effet, M. Koïchiro Matsurra a déclaré l’an dernier, à l’occasion de la reprise du moussem de Tan-Tan, que «cette manifestation est  le témoignage vivant des cultures orales et artistiques marocaines…» qui représentent «… une leçon de savoir et de créativité». Déclaration qui, bien sûr, ne doit rien au hasard. Tan-Tan répond bel et bien aux critères tels qu’ils ont été définis dans la Convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine immatériel : «On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations et expressions, les connaissances et savoir-faire que les communautés et les groupes et, dans certains cas, les individus, reconnaissent comme partie intégrante de leur patrimoine culturel». Ce sont justement ces «représentations et expressions» que le 17ème moussem de Tan-Tan, prévu du 14 au 18 septembre courant, voudrait mettre en relief, en déclinant des spectacles vivants (musique et danses traditionnelles du désert), courses de chameaux, parades de cavaliers nomades, fêtes nocturnes, fantasias, expositions d’art et de scènes de vie du désert. Pour ce faire, apprend-on auprès des organisateurs, 600 tentes avaient été érigées.  En déclarant Tan-Tan «patrimoine immatériel de l’humanité», l’Unesco, qui parraine le moussem de cette ville, oeuvrera à réhabiliter l’ensemble des traditions nomades. Située au sud, aux portes du Sahara marocain, Tan-Tan a, depuis toujours, été le point de rencontre de plusieurs tribus et nomades du désert. Pour sa 17ème édition, le moussem de Tan-Tan veut préserver sa vocation de plate-forme de la culture nomade en invitant des tribus de différents horizons d’Afrique, dont le Niger et la Mauritanie. Chaque tribu sera appelée à mettre en exergue ses traditions nomades. Il s’agit de décliner ces traditions sur différents tons, social, musical, rituel, comportemental, économique… Prendront également part à cette édition, plusieurs personnalités du monde des arts et de la politique. Contactés par ALM, les organisateurs ont souligné, sans vouloir préciser de noms, que plusieurs ambassadeurs de pays étrangers accrédités au Maroc, sans oublier des ambassadeurs de bonne volonté, avaient confirmé leur présence. Idem pour des célébrités des milieux d’art et du spectacle. A rappeler que l’édition précédente a été marquée par la présence, entre autres, des actrices franco-algérienne Isabelle Adjani et italienne Claudia Cardinale, sans compter la star mondiale du football, le Brésilien Pelé.
Le déplacement pour cette 17ème édition s’impose aussi, la culture du désert ne laisse pas indifférent. Il s’agit de découvrir, ou de redécouvrir, une part vivante de notre patrimoine oral.
La curiosité sera au rendez-vous…

Par : M’Hamed Hamrouch - ALM

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14 septembre 2005

Le patrimoine immatériel de l'humanité se renforce

                                                                                                                                               

On l'appelle moussem de Tan Tan ou le grand rassemblement des hommes bleus. Dans cette petite cité en plein Sahara marocain, se déploie chaque année un immense rassemblement de toutes les tribus mitoyennes à l'occasion du Moussem Sidi Mohamed Maa El Aynine qui couvre à la fois un caractère religieux et commercial. Lancé depuis hier et jusqu'au 18 de ce mois-ci, sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, ce moussem a acquis une grande importance en devenant un événement majeur sur le plan social, culturel et symbolique pour les habitants de la région.

Organisé par l'Office national marocain de tourisme, en collaboration avec l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), il est "le témoignage vivant des cultures orales et artistiques marocaines ( ) qui représentent une leçon de savoir et de créativité", notent les organisateurs. La réédition de cet ancien moussem culturel et touristique permet à la région de s'ériger en un carrefour de rencontre pour les divers modes d'expressions qui ont, de tout temps, alimenté les valeurs nobles de l'homme saharien dans sa pureté authentique. Reprise, l'année dernière, après trente années d'absence, cette manifestation a été ressuscitée, par les élus et autorités locales de la ville, grâce au soutien de l'ambassadeur de bonne volonté et consul honoraire du Maroc à l'UNESCO, l'espagnol Kitin Münoz.

Le festival est, maintenant, l'occasion de renouer avec les traditions d'échange, de créativité, de mise en commun de tous ce qui fait l'expertise, la création, les arts, les danses, l'artisanat… Il est célébré sous différentes couleurs de chants, de danses traditionnelles du désert, de parades de cavaliers nomades, de course de dromadaires, de fêtes nocturnes, fantasias, d'expositions d'art et de scènes de vie quotidienne, en présence de hautes personnalités nationales et étrangères. La tenue du moussem de Tan Tan est l'occasion d'apprécier les tentes à thèmes où sont exposés différents aspects de la vie et de la culture nomade.

Elles retracent toute l'histoire de la région et relatent à travers des créations artisanales une partie de la vie sociale des habitants du Sahara marocain. Cette région qui déborde de merveilles, de superbes oasis et paysages qui n'existent nulle part ailleurs et qui méritent une attention particulière. Grâce à son moussem, la ville est devenue un véritable rassemblement de plusieurs milliers de nomades des différentes tribus du Sahara marocain qui viennent partager leurs émotions et leur diversité et richesse culturelles.

La présence, l'année dernière, du directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui était accompagnée d'une quarantaine d'Ambassadeurs de bonne volonté de cette organisation universelle, a donné, à ce festival, le caractère du patrimoine culturel mondial. Cette initiative cadre bien avec les nouvelles visions de la communauté internationale qui ne ménage aucun effort pour la sauvegarde du patrimoine. Cet effort s'est d'abord traduit en novembre 2003 par la publication de la seconde liste des chefs d'œuvre du patrimoine immatériel et l'adoption, par la 32e conférence générale de l'UNESCO d'une convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Sur ce point, Koïchiro Matsuura, a été suffisamment clair quand il a évoqué l'engagement du Maroc en faveur de la revalorisation du patrimoine immatériel. Il a indiqué que " le Maroc a été parmi les premiers Etats à ratifier la convention de l'organisation onusienne(…). La revalorisation du moussem de Tan Tan devrait permettre à la culture nomade de s'épanouir et de devenir un patrimoine mondial ". Aujourd'hui, cette grande manifestation est en passe de devenir un héritage intangible de l'Humanité. Il s'agit d'une manifestation d'une valeur exceptionnelle qui doit être sauvegardée. A cette fin, l'UNESCO déploie un grand effort et parraine pour le Maroc son programme sur le patrimoine immatériel.

El Mahjoub Rouane | LE MATIN

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13 septembre 2005

Imilchil, un autre Maroc

Imilchil, les trois syllabes qui composent le toponyme, par leur douce résonance, induisent le curieux en erreur. Il s’apprête à jouir de climats paisibles, il tombe sur une rudesse inimaginable. A commencer par la route qu’il emprunte. Interminable (700 km, depuis Casablanca, si l’on passe par Midelt); jamais ennuyeuse, il faut l’avouer. Le regard se repaît d’une suite ininterrompue de paysages aussi enchanteurs que contrastés : champs fertiles, forêts denses, hauteurs imposantes, vallées verdoyantes, rivières cristallines, sols ingrats, oueds asséchés...

Repu, le voyageur se met à compter la distance qui le sépare de son lieu de destination. Arrivé à Rich, il croit entrevoir le bout du tunnel. Plus que 135 km. Une broutille... Erreur ! c’est à partir de là que les choses se compliquent. L’ancienne piste, bitumée en 1998 seulement, est escarpée, sinueuse, difficulteuse, et surtout affreusement étroite. Deux véhicules ne peuvent pas s’y croiser. L’autocar dans lequel nous nous trouvons avance comme une tortue. Dès qu’il pointe son immense carcasse, les muletiers se rangent prudemment sur le bas-côté, les poules poussent des cris d’orfraie, les moutons sont pris de panique.

Rich-imilchil : 135 km, six heures de route par temps orageux

Le paysage s’habille d’ocre. Il consiste en une ligne de montagnes dénudées qui laissent s’épancher à leurs pieds une plaine ondulante de rocailles. Dans ce désert de pierres et de terre, pousse, par endroits, une mince couverture végétale, prise d’assaut par les troupeaux de moutons. On recense 140 000 ovins dans la région. Ils en constituent la principale ressource mais y provoquent aussi de considérables dégâts. Car le surpâturage, ainsi que nous l’explique Hrou Aboucharif, directeur de l’association Adrar, «finit par détruire le couvert végétal, lequel représente le seul moyen de lutte contre l’érosion hydrique». D’où les inondations qui accompagnent comme une mauvaise ombre la moindre averse.

Aux abords de la vallée de l’Assif Melloul, le paysage change. Au milieu des montagnes aux sillons profonds creusés par le vent, l’oued essaime sur son passage les jardins, les cultures, les arbres. Une longue écharpe de verdure s’étend à perte de vue. Un vert d’une vigueur et d’une tendresse indescriptibles éclate, exhalé par le maïs, la luzerne, les pommiers et les noyers. Le cagnard n’est plus qu’un radieux souvenir, les nuages s’allongent, le ciel prend une couleur noire, puis l’orage éclate. Dix minutes plus tard, l’autocar faillit s’enliser. Des traînées de pierres se sont amoncelées sur la route. Il faut dégager la voie. Les orages d’été, nous apprend Hrou Aboucharif, peuvent déverser 40 mm d’eau en 15 minutes. «Toute cette eau coule dans l’oued, qui déborde et cause des dégâts». Elémentaire, mon cher Watson, mais combien cruel.

50 ha de pomme de terre dévastés par les crues de l’Assif Melloul

Indifférent au déluge, un paysan, sa faux à la main, contemple le désastre. Son potager est désormais submergé par une eau boueuse. Déjà la semaine précédente, les crues de l’Assif Melloul ont saccagé 50 ha de pomme de terre, soit un million de dirhams partis en fumée, perte immense pour une population dont le revenu moyen par habitant n’excède pas 2000 DH par an. Plus loin, une vieille femme arrache herbe et sarments au sol, qui serviront à nourrir le bétail, à attiser le feu quand la nuit sera tombée. «Le problème, c’est que ces femmes déracinent les buissons qu’elles arrachent, détruisant ainsi le couvert végétal», se désole Hrou Aboucharif.

L’averse s’arrête d’un seul coup. Nous pouvons reprendre la route. Une nuée d’enfants déboulent des hauteurs. La litanie des 4 x 4 suscite leur curiosité. Quand une voiture s’arrête, ils s’agglutinent autour, quémandant pièces de monnaie, bonbons, cahiers et stylos. Cahiers et stylos, on se demandent ce qu’ils vont en faire, vu que seuls 37 % d’entre eux sont scolarisés, dont 7 % de jeunes filles. «Je ne comprends pas pourquoi les autorités exigent que nous envoyons nos enfants à l’école. Nous n’avons pas les moyens de leur acheter les fournitures, puis les établissements sont souvent fermés l’hiver à cause de la neige, enfin nos enfants nous sont plus utiles aux champs et aux pâturages», s’étonne Moha. Quatre hommes, adossés à un muret jaune, interrompent leur conversation, pour lui donner raison. A quelques pas, deux vieillards se tiennent compagnie, les yeux clos. A quoi rêvent-ils ? Mystère et boule de gomme.

Trois heures plus tard, nous voilà arrivés en fin à Imilchil. Le village mérite bien son nom. Il est effectivement un «Imi n’lkil», c’est-à-dire une «porte d’approvisionnement». Mais à part son effervescence mercantile, il ne vaut pas le détour. Ce n’est, après tout, qu’un gros bourg, sans âme et sans attraits. Cependant, il s’est transformé grâce au Festival des musiques des cimes, qui y plante son décor du 25 au 27 août.

Attirés par la rumeur qui palpite dans l’unique artère d’Imilchil, nous l’empruntons. Bordée d’hôtels, d’auberges, de cafés et d’épiceries, elle est arpentée, ce soir-là, par une foule bigarrée, héréroclite, joyeuse, qui brave l’obscurité ambiante. Le seul groupe électrogène dont dispose le village a rendu l’âme, encore une fois. D’ailleurs, on s’en passerait bien, vu qu’à lui seul, il absorbe 40 millions de centimes d’un budget qui ne dépasse pas 126 millions. Mais les visiteurs ne s’en accommoderaient pas. Eux qui déjà essuyent le désagrément de ne pas pouvoir faire leur toilette, faute d’eau. Pourtant «le puits d’Imilchil est creusé jusqu’à 51 m, il est constamment plein jusqu’à 45 m. Il alimente deux châteaux d’eau. Malheureusement, la pompe tombe souvent en panne», précise Hrou Aboucharif.

Habitués à ces défaillances, les commerçants, les restaurateurs et les cafetiers ne se démontent pas. Loin s’en faut. Leurs visages brûlant d’une lueur ocre, pareille à la flamme des bougies, sont radieux. Les affaires tournent à plein régime. Hamou, un colosse hilare, bénit le festival, qui lui permet de gagner, en quatre jours, de quoi passer confortablement l’hiver.

Le Festival des musiques des cimes rapporte 200 000 DH à Imilchil

Deux cent mille dirhams, en moyenne, voilà l’écot versé par le Festival des musiques des cimes à Imilchil. Une manne pour cette région déshéritée. La nuit tombe maintenant, et l’incessant mouvement ne faiblit pas. Certains font leurs emplettes, d’autres papotent à la terrasse des cafés, sur fond de sons et de rythmes surgis du lieu du festival, la plupart se pressent vers celui-ci pour en recueillir les senteurs épicées. Djellabas et handirs y côtoient mini-jupes et jeans serrés. En somme, un Maroc antique et moderne, intemporel et impatient, vibrant à l’unisson au tamawayt de Milouda, aux complaintes de Françoise Atlan et aux rythmes de l’ahidous de Aït Hdidou.

La tête encore étourdie par le déluge de sons et de chants, nous mettons le cap sur le lac Tislit, à 8 km d’Imilchil. Le ciel est semé d’étoiles, la lune projette son jaune vif sur l’eau assoupie, le calme est absolu. L’instance est propice pour évoquer la légende de Tislit et Isli. Celle, raconte-t-on, de Hadda et Moha, éperdument amoureux l’un de l’autre, mais condamnés, par leurs clans respectifs et ennemis, les Aït Brahim et les Aït Azza, à ne jamais célébrer leur union. De douleur, ils pleurèrent, séparément, à chaudes larmes, tant et tant que deux lacs se formèrent de leurs sanglots. D’austères philologues vous diront qu’en fait Isli et Tislit ne seraient que des formes dénaturées d’Izli et Tizlit, qui signifieraient, en vieux amazigh, lac et petit lac. Ne les écoutez surtout pas et laissez-vous bercer par la légende !

Le lendemain, nous nous retrouvons plongés dans le moussem d’Imilchil. Foire annuelle, il est un lieu d’échanges et de rencontres, entre les deux fractions principales de la tribu des Aït Hdidou, les Aït Brahim et Aït Azza. Les nomades sont descendus de la montagne. La foule se presse dans les allées boueuses. Les appels des bonimenteurs se mêlent aux bêlements des moutons, aux mugissements des vaches et aux braiments des ânes.

Polyphonie attachante. Une chèvre rechigne à se faire embarquer dans un fourgon antédiluvien. Les badauds se réjouissent du spectacle. C’est jour de fête. Imilchil vibre d’une énergie vitale et simple. Les couleurs vous sautent aux visages : le blanc et noir des capes des femmes des Aït Azza, le bleu foncé de celles des femmes d’Aït Brahim, le carmin et le jaune safran dont elles maquillent leurs joues. Les odeurs pullulent, celles des montagnes de graisse sont entêtantes. Pour les Aït Hdidou, la graisse est une denrée vitale. Elle tient au corps pendant le rugueux hiver. Et ils s’en servent pour donner goût à leur kesra, ou à leur ahrir ou encore à leur ragoût de pommes de terre. Ahmed, nomade, vient d’en acheter par douzaine de kilos. Tout à l’heure, il conduira sa fille sous la tente des adouls, pour entériner la promesse de mariage. Lui a changé quatre fois d’épouse.

«Vous savez, elles s’usent très vite. Et il faut en changer de temps en temps pour renouveler sa force». La Moudawana, Ahmed en ignore jusqu’à l’existence. Quant à «l’usure», elle guette bel et bien les femmes d’ici. Elle est leur lot, tant elles sont considérées comme des bêtes de somme. Ce sont elles qui font le ménage et la cuisine, cueillent les fruits et les légumes du verger, ramassent le bois, nourrissent le bétail... et attrapent de sales maladies. Omar Chiban, président de l’Association Adrar, nous révèle que sur 500 femmes auscultées, il y a deux jours, par deux gynécologues dépéchées par le ministère de la Santé publique, 80 % présentaient une infection sexuellement transmissible. Un sinistre record.

80 % des 500 femmes auscultées sont atteintes de maladies vénériennes

Depuis sa création, en 1991, l’Association Adrar se préoccupe de tous les maux qui minent la cinquantaine de villages plantées dans la région d’Imilchil. Omar Chiban n’est pas peu fier d’énumérer quelques-unes des œuvres d’Adrar : contribution aux campagnes de vaccination lancées par le ministère de la Santé, de 1990 à 1996 ; construction d’un dispensaire dans un douar situé à 45 km en amont d’Imilchil ; équipement de 17 villages en eau potable ; création d’activités génératrices de revenus; installation de groupes électrogènes dans six villages ; plantation de 80 000 pommiers et 15 000 peupliers... et, surtout, protection de l’environnement contre toute agression mercantile. «La nature est la richesse inestimable de la région d’Imilchil. Nous tenons à ce qu’elle ne soit pas défigurée. Nous ne voulons avoir ici ni industrie touristique, ni clubs internationaux», insiste Omar Chiban.

Il est vrai que la magie vous prend à chaque détour, à chaque virage. Les paysages, tout en montagnes rocailleuses, en plaines terreuses, en déserts de pierre parfois parsemés de verdure, sont d’une noble austérité. Mais hors ce charme, il n’y a rien à faire de particulier à Imilchil. Sauf l’essentiel : se laisser vivre, oublier le temps qui passe, lâcher prise, se fondre au milieu de la population. Goûter à la difficulté de vivre, à la précarité, savourer la simplicité des gens d’ici qui répondent par le sourire à leur indigence, comme s’ils étaient détachés des carcans matériels. C’est leur façon de montrer que «amazigh» signifie homme libre

Et-Tayeb Houdaïfa

Source : La Vie economique

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12 septembre 2005

Tarouma: Un Village de Pêcheur

ne vaste campagne d'assainissement a été lancée samedi au village des pêcheurs Tarouma, 50 km au sud-ouest de Laâyoune, par le wali de la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia Al Hamra, M. Charki Draiss.                                        

 

                                

               

Cette campagne est une initiative de plusieurs associations en collaboration avec l'Entraide nationale, la commune rurale de Foum El Oued et les autorités locales.

Les représentants de l'association marocaine du village des pécheurs de Tarouma, de l'association des professionnels de la pêche artisanale, de l'amicale Assalam opérant dans ce village, de l'association du développement rural à Foum El Oued ont été unanimes à souligner l'importance de cette campagne dans la protection de l'environnement.

Dans des déclarations à la MAP, ils ont insisté sur l'importance d'inscrire ce genre d'initiatives dans la durée en assurant la pérennité de pareilles campagnes d'assainissement en vue de faire de cette région un pôle stratégique pour le développement économique et touristique.

Ils ont, à ce propos, rappelé l'importance accordée au village des pêcheurs pour le développement de la façade côtière et sa restructuration, à travers la création d'autres villages de pêcheurs dans les provinces du sud.

Ils ont également fait état de leur engagement à faire réussir les chantiers ouverts dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), soutenant que l'environnement constitue un axe nodal dans cette initiative annoncée par SM le Roi Mohammed VI, dans son discours du 18 mai dernier.

      

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Errachidia dévoile ses secrets à ses visiteurs

                                                                                                                                               

Par sa vocation historique, sa position géographique aux confins du sud-est du Royaume, son rayonnement culturel ancestral, son riche patrimoine culturel et humain, la province d'Errachidia est considérée comme l'une des régions à fort potentiel touristique qu'il faut valoriser et promouvoir.

Véritable trait d'union entre les villes impériales et le grand Sud, cette province qui bénéficie d'un ensoleillement annuel de 330 jours et qui s'étend sur une superficie de 60.000 km2, compte de nombreux sites aux charmes multiples qui favorisent une grande offre en produits touristiques.

A ses nombreux visiteurs, cette province offre un patrimoine architectural et urbanistique où rivalisent les Ksours et Kasbahs et met à leur disposition toutes les commodités pour pratiquer le tourisme culturel, le tourisme oasien et du désert, le tourisme de montagne ainsi que le thermalisme et les cures de bain de sable.

Les amateurs du désert tombent ainsi sous le charme d'une multitude d'oasis, verdoyantes et ombragées, d'une myriade de dunes, avant de s'attaquer à la montagne qui cumule à plus de 3200 mètres.

Dépositaire d'épopées historiques, le Tafilalet a connu ses heures de gloire avec la fondation au 8e siècle de l'ancienne ville de Sijilmassa qui fut capitale commerciale et spirituelle de cette contrée, avant de devenir, à la fin du 16éme siècle, le principal relais caravanier entre l'Afrique noire, l'Europe et l'Orient.
Les énormes potentialités touristiques de la région ont permis, entre autres, le développement du tourisme du désert et l'organisation de manifestations culturelles à caractère unique, dont les plus importantes sont le Moussem des fiançailles et le Festival des musiques des cimes d'Imilchil, le Festival des musiques du désert à d'Erfoud, Rissani et Merzouga, le Festival culturel d'Errachidia et le moussem des dattes d'Erfoud.

Les manifestations culturelles organisées au niveau de la région offrent l'opportunité au grand public de découvrir le patrimoine artistique et populaire, à la fois riche et varié, qui témoigne d'une culture intense et vivante qui s'est transmise de génération en génération.

Parmi les troupes artistiques les plus réputées localement on peut citer la troupe Sijilmassa de Melhoune, Jrafa d'El Jorf, Houbi Houbi de Boudnib, Aît Merghad de Goulmima et de Tadighoust, Gnawa de Arab Sebbah, M'daghra et Goulmima et les troupes d'ahidous des Aît Hdidou, d'Ait Izdeg de Gourrama.

Autres atouts, et non des moindres, sont les ksars et kasbahs ainsi que les musées qui rappellent à tous la grandeur de la région, à l'image de Ksar Meski, Ksar Mâadid à Erfoud, Ksar Hanoun, Abou Am et Faida à Rissani et Ksar Igoulmimen à Goulmima, ainsi que les musées des sources Lalla Mimouna et de Ksar El Khorbate à Tinejdad.

D'autres attraits et sites touristiques qui méritent le détour sont Les sources thermales de Moulay Hachem à Kerrandou, Aît El Ati à Aoufous, Zaouiat sidi Hamza et sa bibliothèque ancienne, le belvédère de Ouled Chaker à Aoufous, les grottes Akhiam d'Imilchil, les gorges d'Amsed près de Tadighoust et les gravures rupestres de Taouz.

Les atouts naturels dont dispose la province d'Errachidia constituent également des plateaux idéals pour les réalisations cinématographiques et attirent, de plus en plus, les professionnels du 7e art qui y ont tourné plusieurs films dont notamment " Le Légionnaire " ainsi que les trois parties de " La Momie ".
Ces atouts sont renforcés par les infrastructures d'hébergement existant au niveau de la province qui compte 116 établissements classés et non classés avec une capacité d'accueil de 4.145 lits.
Cette richesse naturelle et historique constitue, en outre, une motivation pour les pouvoirs publics et les opérateurs économiques dont l'ambition affichée est de faire de cette région du Sud-est du Royaume, l'une des destinations touristiques les plus privilégiées.

Une attention toute particulière est donc accordée à ce patrimoine et qui devrait être soutenue par de vastes et régulières campagnes de promotion en vue d'assurer la pérennité à cette culture millénaire.

Abdelouahed Labrim | MAP

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Tissa: Un centre ancestral d'élevage de chevaux

                                                                                                                                               

La petite localité de Tissa qui accueille, depuis dix-neuf ans, le Festival du cheval, une manifestation nationale et internationale de grande importance, est appelée à devenir une ville modèle si certaines conditions de développement durable sont réunies.

Le cercle de Tissa, peuplé de plus de 168.000 habitants, est toujours dépourvu des infrastructures de base nécessaires à tout développement local.
Situé seulement à une quarantaine de kilomètres de la ville de Fès et relevant de la province de Taounate, il est devenu une région de renommée mondiale grâce au festival du cheval qu'il organise chaque année et avec succès.

Cette région, qui le temps d'un festival, est fréquentée par des milliers de visiteurs venus des localités voisines, mais aussi par de nombreux journalistes de chaînes de télévision étrangères, notamment de Belgique, des Pays-Bas, de France et même du Japon, vit repliée sur elle même le reste de l'année faute d'infrastructures touristiques incitant au retour les férus de l'art équestre, les éleveurs de chevaux arabes barbes et les touristes en quête de dépaysement.
Le festival du cheval de Tissa aurait pu devenir une dynamique de développement et pousser à une réflexion profonde pour faire de la grande conquête de l'homme un élément fondamental devant hisser la région des Hyaynas au rang des petites villes modèles.

Tissa, la petite cité rectiligne aux petites échoppes marchandes, au commerce hétéroclite en monticules à même le sol, possède pourtant un patrimoine inestimable mais méconnu de la plupart des Marocains.
La localité, qui s'étend sur une superficie de 1.635 Km2, avec ses ruelles étroites et ses cafés maures ainsi que ses larges étendues non encore exploitées, appelle à des projets d'investissement à la fois touristiques et économiques.
A mi-chemin entre l'urbain et le rural, Tissa ne manque pourtant pas d'atouts, avec une jeunesse cultivée et ouverte sur le monde moderne, et de moyens en mesure de lui assurer un développement propre et durable.

Il suffit seulement de favoriser une coopération étroite avec l'ensemble des acteurs concernés et des bailleurs de fonds potentiels et de concrétiser la solidarité sociale et humaine qui a pris racine dans la région.

Devenue depuis le 16e siècle le berceau du cheval, dont la qualité de l'élevage n'est plus à démontrer, Tissa devrait faire de ce noble animal un produit de développement agricole, touristique et socio-économique, explique à la MAP, M. Azzouz Al Bahri, chargé de communication du festival, qui déplore le manque de soutien financier, l'absence de haras moderne et de personnel spécialisé.
Le cheval des Hyaynas est devenu célèbre, en particulier sur le plan international, grâce à sa participation, à travers le monde, à d'importantes manifestations équestres et est devenu la fierté de toutes les familles de la région, même les plus démunies.

Les cavaliers les plus en vue de la région appartiennent à trois grands lignages ethniques: Ouled Aliane, Ouled Riab et Ouled Amrane qui forment la grande tribu des Hyaynas et qui étaient producteurs, entre 1950 et 1970, de plus de 1.200 poulains par an.

Actuellement, la production n'est plus que de 200 à 250 poulains par an à cause des contraintes de la sécheresse, de l'urbanisation galopante, de l'exode rural et d'une absence de relève.

Toujours présents dans les différentes représentations de fantasias populaires grâce à leur aptitude inégalée à monter et à présenter des tableaux équestres de groupe, les cavaliers de Tissa sont disposés à faire de leur art ancestral un projet de développement à la fois culturel, artistique, économique et touristique pour que leur cité, aujourd'hui apparemment pauvre, devienne un centre d'élevage et d'apprentissage des jeux équestres de qualité et une école de jeunes cavaliers.

D'ailleurs, M. Al Bahri, tout en rappelant l'appel lancé à la Fédération royale marocaine des sports équestres pour l'organisation d'un championnat des jeunes et enfants cavaliers pour la préservation et l'encouragement de cette tradition qui nécessite des chevaux dont le prix est évalué entre 4 et 10 millions de centimes, et tout en soulignant l'intérêt accordé par le département de l'agriculture à cette discipline, insiste sur l'inexistence de toute promotion touristique et culturelle de la région.

C'est dans ce cadre que le festival du cheval de Tissa, qui demeure ouvert à toutes les potentialités, aurait dû, depuis de nombreuses années, être considéré comme un accompagnateur d'actions de toutes sortes, génératrices d'emplois si une campagne promotionnelle était sérieusement élaborée et si des projets d'équipement, notamment la construction de routes, de petites unités hôtelières, étaient envisagés avec l'organisation de circuits touristiques coïncidant avec la période du festival. Les autorités provinciales, qui ont déjà veillé à la mise en place d'un organigramme et d'un comité de gestion du festival, envisagent la création, prochainement, d'un centre équestre.

Ces initiatives pourraient s'ajouter à un éventuel lancement du tourisme écologique et la création de gîtes touristiques, aujourd'hui cheval de bataille des professionnels du secteur pour faire de Tissa une cité pilote et un modèle de lutte contre le sous développement et la précarité.

Et pourtant, Tissa, lieu de rassemblement annuel de centaines de cavaliers et d'éleveurs de chevaux arabe-barbe, ne profite pas encore de cette manifestation unique dans le monde et qui est devenue source d'inspiration pour des écrivains étrangers et des journalistes européens et américains, dont certains sont devenus, depuis plusieurs années, des fidèles de cette belle rencontre d'authenticité appelée à donner naissance à un projet de modernité.

Schéhérazade Alaoui | MAP

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Le rendez-vous annuel des milliers de nomades

maroc893Cette manifestation, organisée cette année du 16 au 18 septembre, par l'Office national marocain de tourisme en collaboration avec l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), a acquis une grande importance en devenant un événement majeur sur le plan social, culturel et symbolique pour les habitants de la région.

Appelé à faire partie du patrimoine immatériel universel de l'Unesco, le moussem de Tan Tan est «le témoignage vivant des cultures orales et artistiques marocaines ( ) qui représentent une leçon de savoir et de créativité», note le communiqué citant le directeur général de l'Unesco, Koichiro Matsuura, qui s'était rendu en septembre 2004 à Tan Tan pour prendre aux festivités du moussem.

Le moussem de Tan Tan sera ponctué par différentes festivités comprenant notamment des danses traditionnelles du désert, courses de chameaux, parades de cavaliers nomades, fêtes nocturnes, fantasias, expositions d'art et de scènes de vie quotidienne.

Il s'agit, ajoute le communiqué, d'un véritable rassemblement de plusieurs milliers de nomades des différentes tribus du Sahara marocain qui viennent partager leurs émotions et leur diversité et richesse culturelles, faisant de ce moussem un témoignage vivant à préserver et à valoriser en tant que patrimoine immatériel de l'humanité.

Le parrainage de l'Unesco a donné à ce festival un caractère particulier en l'occurrence celui de «patrimoine culturel mondial» lequel mérite d'être préservé et développé pour le maintien de cette culture vivante et permettre ainsi aux populations nomades de se rencontrer et de s'épanouir dans un monde de tolérance et de paix.

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10 septembre 2005

Le tourisme écologique

                                                                                                                                               

La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër possède tous les atouts pour devenir une destination privilégiée pour les amateurs du tourisme écologique. Sa forêt immense et ses paysages naturels représentent autant de potentialités à développer et à valoriser.

La forêt Maâmora, la plus importante au niveau national, est considérée à juste titre comme les poumons de l'agglomération urbaine Rabat-Salé-Kénitra. Dès les premiers jours du printemps, elle est prise d'assaut par des centaines de familles à la recherche de l'air pur et de la verdure.
De plus, le premier écomusée au Maroc sera construit dans cette forêt, ce qui certainement ajoutera à son attractivité.

Cet écomusée aura pour principale mission d'encourager l'éco-tourisme et de sensibiliser à l'importance de la préservation du patrimoine forestier.
La forêt de Maâmora qui accueille chaque année des dizaines de milliers de visiteurs de la Région de Rabat-Salé-Kénitra avait grandement besoin d'une structure d'accueil et de sensibilisation susceptible de mettre en exergue son importance écologique, son rôle socio-économique et ses potentialités récréatives.

Outre la forêt, Rabat-Salé-Zemmour-Zaër possède un autre atout écologique, la réserve naturelle de Sidi Boughaba. Située à 13 Km de la ville de Kenitra, cette réserve s'étend sur 650 ha (le lac s'étend sur 100 has et la forêt sur 550 ha). Elle constitue un biotope important et l'un des plus beaux sites naturels au Maroc. Outre le fait qu'elle offre un cadre agréable et verdoyant aux amateurs de la nature, elle remplit une double mission : éducative et écologique.
C'est ainsi que cette réserve constitue une salle cours à ciel ouvert. Les étudiants et les élèves peuvent apprendre beaucoup de choses sur la faune et la flore sur place. De même qu'ils peuvent être sensibilisés à la vulnérabilité de certaines espèces et partant à la nécessité de leur protection.

L'importance de la mission écologique du site n'est pas à démonter. Il abrite l'unique lac d'eau douce de la côte Nord-Ouest et l'unique forêt de Genévrier Rouge dans la région.

La réserve est un milieu idéal pour plus de 210 espèces de plantes et de nombreuses espèces de mammifères et de reptiles.
Conscient de l'importance de la préservation de ce biotope mais aussi de sa fragilité, le département des Eaux et Forêts a passé une sorte d'accord de gestion déléguée avec une association qui s'intéresse à la protection de l'environnement.

Autre site susceptible d'attirer les touristes mordus de la nature : Merja Zerga. Cette lagune qui couvre une superficie de 7.300 ha constitue la plus importante zone humide marocaine en tant que site d'escale et d'hivernage de plusieurs milliers d'oiseaux migrateurs.

En plus de son importance écologique indéniable, la lagune est également une zone productive fournissant aux populations riveraines de nombreuses richesses naturelles. Elle a été instituée réserve biologique permanente en 1978.
Merja Zerga constitue donc un atout touristique extraordinaire.

Sa revalorisation en tant que tel est une nécessité impérieuse. D'ailleurs le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification et l'organisation BirdLife international, représentée par l'Association Espagnole d'Ornithologie (SEO), viennent de signer un arrangement pour l'utilisation durable des ressources naturelles dans la réserve biologique Merja Zerga (région de Larache). Les atouts touristiques de Rabat-Salé-Kenitra sont très importants. Leur revalorisation sera doublement profitable. Elle permettra de créer une dynamique économique dans la région et de sauver un patrimoine écologique menacé.

A.R | LE MATIN

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08 septembre 2005

Avec ville sur la mer

Une étude sur la cité de Mazagão, qui, sous l'ordre de la Couronne portugaise, traversa l'Atlantique.

Par Jean-Baptiste MARONGIU - Liberation

laurent vidal
Mazagão, la ville qui traversa l'Atlantique.
Du Maroc à l'Amazonie (1769-1783)

que de peuples, tribus, populations, individus, ont été déplacés, émigrés de gré ou de force (enfin, plutôt sous la contrainte) au cours de l'histoire ­ et on n'en voit pas la fin ! Cependant les historiens ne s'intéressent que peu à un phénomène si courant, pour ne pas dire uni- versel. Faute de traces parfois, ou d'archives, ce qui peut rebuter les chercheurs les mieux intentionnés, mais aussi à cause de cette alchimie étrange de la discipline qui veut que les objets marquant les temps historiques ne remontent qu'à leur heure. En ce sens, l'historien Laurent Vidal est fort tempestif, et son Mazagão, la ville qui traversa l'Atlantique. Du Maroc à l'Amazonie (1769-1783) de la plus grande actualité, qui relate un épisode oublié de la suite incessante des migrations forcées. Le récit est exemplaire en effet du déplacement au Brésil, orchestré au XVIIIe siècle par la Couronne portugaise, de l'un de ses présides marocains à bout de souffle. L'ouvrage délimite en effet le champ inédit d'une prometteuse histoire sociale de l'émigration et de l'attente ­ cette temporalité immobile, et pour ainsi dire implosive, qui vient rythmer des vies plombées par la soudaine ouverture d'autres possibles.

L'année 1502, des bateaux portugais reconnaissent la baie où surgira Mazagão, sur la côte atlantique du Maroc. En quelques décennies, une formidable cité fortifiée y est bâtie, placée au coeur du dispositif de défense des autres citadelles, forts, présides, comptoirs lusitaniens qui, de Tanger à Agadir, parsemèrent alors les rivages de l'océan. L'occupation n'a rien de pacifique, et Mazagão acquiert une grande renommée dans le monde chrétien, en repoussant l'assaut d'une armée de cent mille hommes composée d'Arabes et de Berbères. Ce n'est que partie remise. Entre une escarmouche l'autre, un modus vivendi est trouvé, ni de guerre ni de paix, selon les intérêts bien compris des deux parties. Le moindre commerce n'étant pas le paiement des rançons pour la libération des prisonniers réciproques. Mais la situation devient intenable. Face au siège d'une armée encore plus puissante que la précédente, la Couronne portugaise décide le déplacement pur et simple de la population de la ville. Le 11 mars 1669, non sans avoir détruit tout ce qui pouvait l'être, 2 092 personnes sont embarquées pour Lisbonne. L'administration royale est très efficace et sans état d'âme : on jette à la mer les armes en fer, on ne garde que canons et arquebuses en bronze, puis on fait monter les femmes et les enfants, qui ne sont pas de grande aide pour la défense, enfin c'est le tour des hommes valides, soldats expérimentés promis à d'autres batailles. Sur les murailles, pour protéger les partants, on laisse vieux, malades, estropiés, blessés.

De par son passé de bastion en terres infidèles, la population de Mazagão se vit comme une communauté à forte identité collective, dirait-on aujourd'hui. Cependant, les clivages sont nombreux qui partagent soldats et chevaliers plus ou moins nobles, artisans préposés à l'intendance, femmes et enfants des uns et des autres, moines et religieux chargés du salut des âmes et de la droiture des corps... La monarchie entend tous les transformer en colons de cette nouvelle frontière qu'est devenue pour le Portugal l'embouchure du fleuve amazonien, de l'autre côté de l'Atlantique. L'attente à Lisbonne ne dure que trois mois, mais Mazagão se délite, et nombreux sont ceux qui vivent comme un piège la terre promise. Les fuites se multiplient. Le départ pour Belèm au Brésil ­ où commence l'attente bien plus longue et incertaine que s'achève la construction de la nouvelle Mazagão ­ n'arrange pas vraiment les choses, puisque aux égards initiaux succèdent une sévérité voire une méchanceté croissantes de l'administration, qui débouchera plus tard sur un désintérêt définitif. Aussi, le désert vert peut-il se montrer à l'usage bien plus inhospitalier que le désert de sable. Vidal étudie ces trois Mazagão qui se superposent et qui se minent réciproquement : la ville du souvenir, la ville vécue, et la ville qui se prépare. Entre la cité-projet du pouvoir et la cité-transit des migrants, la rencontre est d'abord problématique puis impossible.

Confronté à l'état plus que lacunaire des sources sur le vécu des déplacés de Mazagão et face à l'abondance des archives officielles, Laurent Vidal n'oublie pas la leçon d'Alain Corbin, valorisant le moindre indice pour tenter de «recréer le possible et le probable ; d'esquisser une histoire virtuelle du paysage, de l'entourage et des ambiances ; d'ébaucher la reconstitution d'émotions hypothétiques». Cette histoire sociale se place à égale distance de la micro-histoire, dans laquelle l'événement est soit absent soit vécu de l'extérieur par des acteurs anonymes, et de l'histoire événementielle qui ne (re)connaît que les faits et gestes inscrits dans l'agenda officiel des Etats. A proprement parler, c'est un temps paradoxal que reconstitue ici Laurent Vidal, le temps des migrants, toujours sous l'emprise d'un pouvoir (politique, économique, religieux...) mais qui lui échappe en s'immobilisant dans l'attente.



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07 septembre 2005

Medina de Tetouan

                                                                                                                                               

La médina de Tétouan est considérée comme la seule cité au Maroc qui garde jusqu'à nos jours le cachet authentique andalou, ce qui lui confère une place de choix dans le patrimoine culturel de l'humanité
Mentionnée à plusieurs reprises par les auteurs arabes entre le Xème et XIIème siècle, le site de Tétouan ne semble avoir acquis sa réelle importance qu'après la prise de Sebta et autres centres de la côte méditerranéenne par les forces espagnoles et portugaises vers la fin de la période médiévale.

La fondation de la ville de Tétouan, qui remonte au début du XIVème, fut précédée par la construction d'une kasbah garnison que le Sultan Abou Youssef Yaacoub Al Marini avait érigée en 1286 pour soutenir le blocus de Sebta. Un siècle après sa fondation, la ville fut saccagée et entièrement détruite par les forces espagnoles au début du XVème siècle. A la fin du même siècle elle fut construite par un groupe de réfugiés andalous sous la souveraineté du Sultan Mohamed Cheikh Al Wattassi.

La Médina de Tétouan a connu trois importantes phases dans son développement urbain, à savoir la construction d'une petite agglomération formée de l'actuelle Harat (quartier) al Balad et d'une kasbah fortifiée. Les travaux de construction furent exécutés sous les ordres d'Abou Al Hassan Ali Al Mandri, chef guerrier des Banou Al Ahmar de Grenade. Avec l'arrivée des “Morisques” on assista à une deuxième extension de la Médina vers le Nord-ouest et qui répond à la construction de Rabat Al Aala qui s'est développé progressivement jusqu'au XVIIème siècle. Cette date correspond à la construction des murailles et de la majorité des ouvrages fortifiés de la Médina qui conserve toujours sa configuration générale très accueillante.

Constituant un vrai patrimoine culturel, la ville historique de Tétouan se développe sur des pentes abruptes de Jabal Dersa laissant une forme de deux quadrilatères à peu près d'égale superficie accolés l'un à l'autre et dessinant dans leur ensemble une figure à huit côtés. La Médina de Tétouan se forme dans une muraille historique dont la longueur est estimée à 5000 mètres avec une épaisseur de 1,20m à la base et environ 60 cm en haut du parapet. La hauteur depuis sa base jusqu'au sommet des merlons varie entre 7 et 5 mètres selon les endroits. Plusieurs contreforts de soutènements et des ouvrages fortifiés flanquent l'enceinte de l'extérieur.

Si Tétouan est comptée entre les Médinas les mieux conservées à l'échelle nationale, elle souffre néanmoins de certains problèmes qui affectent son cadre bâti en général et ses monuments historiques en particulier. Les mutations socio-économiques et culturelles de la ville au début de ce siècle ont entraîné une dégradation du cadre bâti et du patrimoine architectural. Parmi ces mutations qui ont des répercussions négatives sur la Médina, on peut citer la substitution d'une population immigrante d'origine rurale à une population d'origine citadine, la régression de certaines traditions indigènes de l'entretien du cadre bâti, l'embrassement dont souffrent certaines habitations traditionnelles, faibles revenus des habitants de la Médina, la subdivision des grandes demeures et surélévations clandestines, la prolifération d'un commerce ambulant illégal qui pollue l'environnement urbain.

Comparée à d'autres villes historiques du Maroc comme Salé, Tanger, Ksar Kebir, Larache ou Chefchaouen, la Médina de Tétouan paraît actuellement la mieux conservée. Contrairement aux villes citées ci haut, Tétouan garde encore son enceinte d'origine, sa voirie historique et ses activités artisanales et commerciales de Jadis. Tétouan se vante de garder dans son enceinte les monuments et bâtiments publics tels que les mosquées, Zaouiat, places, fontaines, hammams, fours, madrasat Loukach et les sites historiques de grande importance.

L'inscription de la Médina de Tétouan sur la liste du patrimoine culturel mondial était toujours un souci et une volonté à la fois des élus, des autorités locales, des principales associations et des administrations responsables de la gestion et de la conservation du site. Les raisons qui justifient cette pétition sont aussi nombreuses que variées. Tout d'abord la Médina de Tétouan constitue un patrimoine culturel et architectural d'une grande valeur universelle qui peut être décelée à partir de plusieurs éléments.

Le site de Tétouan est déjà membre du programme des 100 sites historiques méditerranéens d'intérêt commun. La valeur universelle a été reconnue à la Médina de Tétouan suivant le critère 1 de la convention de Marseille.
La ville historique de Tétouan fut fondée à une époque très particulière de l'histoire du Maroc où toutes les villes du littoral méditerranéen étaient occupées les unes par les Portugais, les autres par les Espagnols… elle a joué par là le rôle d'une cité refuge et d'un poste d'avant-garde de Dar As Salam.
Par sa position stratégique, la ville historique de Tétouan devait jouer un rôle important comme point de jonction et de transition entre deux civilisations et deux continents.

Edifiée par des hommes héritiers de la grande civilisation andalouse, la Médina de Tétouan présente des particularités urbanistiques et architecturales qui ont exercé une influence sur le développement architectural et artistique ultérieur surtout à l'époque du protectorat espagnol.

La ville de Tétouan est fort renommée par son école des arts et métiers (Dar As Sanaa), son institut national des Beaux Arts, ses musées archéologique et ethnographique qui témoignent d'une tradition ancestrale et d'un savoir-faire artistique très avancé.

Abdelaziz M'Rabet | LE MATIN

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